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La traite
Le commerce  maritime  des esclaves      les barbaresques.
Le  trafic  négrier.
      "La traite des noirs".       Le commerce  triangulaire.

Remarque importante:  Légalement  :les noirs n'étaient pas considérés comme des "esclaves" jusqu'au moment de leur vente, c'étaient des prisonniers.

ce n'est qu'au moment de la vente qu'ils devenaient "esclaves"

 

UN PEU D' HISTOIRE L'esclavage existe depuis l'antiquité,l'Egypte utilisait des milliers d'esclaves nubiens,les Perses,les Grecs,les romains avaient donné un statut à l'esclave par exemple toute la population de Carthage a été réduite en esclavage apres la destruction de la ville,le christianisme n'a pas aboli l'institution,l'apôtre Paul recommandait que "les esclaves servent leurs maîtres"l'esclavage survécut à la chute de l'Empire Romain,donc au début du Moyen-Age il y avait des esclaves dans toute Europe. Pourtant les  seigneurs féodaux ont progressivement  jugés ne plus avoir besoin d'esclaves,est apparu le servage.( Les serfs étaient plus productifs et ne voulaient pas s'échapper!) .
L'invasion de l'Espagne par les Maures,va entrainner l'esclavage de milliers de chretiens.L'Islam acceptait l'esclavage.

L'esclavage méditerranéen
les musulmans vont effectuer des razzias sur les côtes ,françaises, donc tout au long du Moyen-age
on assiste à de la piraterie, les musulmans s'emparent des chretiens,les chretiens des musulmans, captures,rançons negociations....Un commerce d'esclave va  exister entre  marchands chretiens et musulmans....
On trouvait des esclaves noirs venus  dans les cours musulmanes mais aussi chrétiennes surtout aprés la reconquête  espagnole! Naples, Palerme pratiquaient la traite, au XVém siècle il y avait de tres nombreux esclaves à Seville, esclavos blancos,esclavos negros ...Les esclaves servaient  comme domestique, aux travaux des champs, comme soldat, cuisinières,concubines, il y avait des eunuques noirs,en Afrique la capture d'esclaves avec la vente était pratique courante  Aussi  en:

1415. Expédition militaire portugaise  et prise de Ceuta , entrepôt commercial  le plus important de la méditerranée,l'Afrique et ses légendes va s'ouvrir aux Portugais, .Le prince dit  Henri le Navigateur.  austère, foi religieuse importante,mais aussi grand homme d'affaires! déterminé et énergique.        La recherche des épices,girofle,cannelle, macis, gingembre,muscade, encens,myrrhe,poivre,blanc et noir, La graine de paradis "l'amonium melguetta ou malaguette  la recherche de l' or.Les soies,les opiacés,(qui était le monopole des caravanes arabes),création de comptoirs, Un des objectifs était de découvrir l'Empire de Prêtre Jean,un royaume puissant,riche et chretien   Départ de 14 expéditions,dont Gil Eannes,Alfonso Gonçalves.     et création de l'académie de Sagres qui  groupa  Astronomes,pilotes, cosmographes, cartographes,Son successeur fut le roi Manuel                  
le but chercher par voie maritimes les riches contrées d'ou provenaient les caravanes chamelières, qui transportaient l'or, les esclaves,de Tombouctou,du Niger, de la Gambie .
 Les Portuguais commencent par découvrir les côtes Atlantiques de l 'Afrique.  par une descente progressive.Découverte de l'Afrique noire. 
Dans ce monde la traite des noirs de l'Afrique par la voie maritime va commencer................
avec
1441  vente à Lagos de captifs noirs,raconté par Zurara,Henri le navigateur fut enchanté..
       1442 Antao Gonzalvez qui avait amené 10 noirs à Lisbonne,(pour le salut de leur âme!!!)
Puis cela ne va jamais cesser.
        1443 Nuno va capturer 29 pêcheurs.
        1444 Lançarote de Freitas fonde une compagnie commerciale africaine  pour rentabiliser les expéditions ,la capture d'esclave complétait le commerce de poudre d'or ,d'ivoire, oeufs d'autruche,au poivre
        1445 expédition  conduite par Lançarote de Freitas 60 esclaves rapportés
        1452  Henri le navigateur va developper Madère,planter la canne à sucre et y importer des esclaves

les îles du cap-vert vont servir de lieu de rassemblement d'esclaves venus d'Afrique
Les papes ont autorisé cette traite pour plusieurs raisons ,d'abord il s'agissait d'infidèles que l'on pouvait peut être convertir,ensuite les musulmans avaient conquis Constantinople il fallait une lutte contre l'Islam, le Portugal reçut l'approbation des papes,et  a même  obtenu des droits exclusifs sur toute l'Afrique                             ..Comme l'Islam ,la chrétienteté ne condamnait pas l'esclavage.
De grands marchand vont diriger le commerce comme le florentin  Bartolommeo Marchionni établi à Lisbonne. Il va fonder des plantations ,financer des expéditions, traiter des esclaves, négocier les épices...les défences d'éléphants. En Afrique  nous avons la présence des lançados portugais ou bannis ,qui s'intégraient à la population noire,ils vont être les interlocuteurs des capitaines.

Toutes les conditions economiques et les esprits sont  prets  pour la découverte de l'Amérique et la  grande traite des noirs.

                                                        1492  Découverte du "nouveau monde".
                               Le but premier des conquistadores ramener des richesses .
Tres vite ,la destruction des populations locales  caraibes ,et indiennes ( réduite à l'esclavage au desespoir,au nauvais traitements,aux maladies importées,au surmenage dans les mines ou au champs) va rendre obligatoire la traite d'esclaves noirs ( le travail d'un noir  équivalait à  celui de 4 indiens, "les indiens avaient peine à briser les rochers dans les mines d'or" ) il fallait impérativement de la main-d'oeuvre pour les plantations de canne à sucre,
 1510  Ferdinand le catholique   autorise le transport de noirs vers l'Amérique
          on doit aussi  signaler le  consistoire de Valladolid,donnant une âme aux indiens!)
1518 le futur Charles Quint
  va autoriser la déportation  sous la pression des  espagnols des îles

1530 Les portugais  qui avaient découvert le Brésil en 1500 vont  vouloir y faire une colonie,(peut être pour éviter aux français présent à Rio, ou aux  anglais de le faire) au début ils se contenterons des esclaves indiens,puis d'esclaves noirs transitant par les îles du Cap-Vert.
Avec les guerres de religions,le protestantisme en Angleterre,en France ,en Hollande  (qui ne reconnaissaient les décisions de monopole de l'Afrique  décidé  par les papes au profil du Portugal) la situation devait s'internationaliser!      il  va étre  difficile de garder un tel monopole et de lutter contre les odieux étrangers !
 1530  Dieppe (jean Ango) va armer des navires pour voler les portugais,puis le Havre,la Rochelle 1560 et même Bordeaux, LA TRAITE FRANCAISE VA NAITRE
1530  L'anglais william Hawkins alla vers les côtes de Guinée.
1553 Thomas Wyndham vers le Benin.  la reine Elisabeth  va fermer les yeux. LA TRAITE ANGLAISE VA NAITRE  avec les expéditions de john Hawkins.
1592 C'est au tour des Hollandais avec le capitaine bernard Ericks vers le Bresil  La  TRAITE HOLLANDAISE VA NAITRE comme toujours au début, c'est la poudre d'or, l'ivoire ...... puis les noirs........
1580  Réunion du Royaume du Portugal et de l'Espagne.sous Philippe II
L'Espagne va controler la production mondiale d'argent,des produits coloniaux,du tabac,et avec le Portugal l'or, les épices,le bois du brésil .....Des traités avec  des marchands portugais vont permettre d'alimenter le nouveau monde en esclave.
                                                               . Le commerce  triangulaire.
Des millions de noirs ont été transportés de l'autre coté de l'Alantique,la traite a enrichi beaucoup de monde, les Rois africains,les armateurs,les planteurs,les ports négriers.

A partir de 1802 les pays vont abolir la traite par "un bill" progressivement,à la fin de l'empire Napoléon a aussi  interdit la "traite   des  noirs. 
 L'Espagne a attendu 1820.

Alors débuta la" traite interlope" qui va  ressembler    à    la contrebande de l'alcool,ou de produits interdits.
Cette traite va devenir une affaire d'aventuriers. 

(L'abolition de l'esclavage est beaucoup plus tardive)

Code noir de mars 1685 édit du Roi  sur les esclaves des îles de l'Amérique   signé par Louis XIV.
Code noir de décembre 1723 édit du Roi   sur  les esclaves pour les îles de France  et de Bourbon. signé Louis XV.                       Déclaration  des droits de l'Homme et  du citoyen du 26 août 1789.
Décret du 4 février 1794. Loi relative à la traite des noirs et   au régime des colonies du 20 mai 1802
.rétablissement de l'esclavage par   Bonaparte  .Arrêté Richepance de 17 juillet 1802   rétablissant l'esclavage. Arrêté du 7 novembre 1805 promulguant  le Code civil aux colonies. Ordonnance royale de Charles X  du 17 avril 1825.
 
Proclamation du gouverneur de la Guadeloupe   du 4 avril 1848.Décret de l'abolition de   l'esclavage du 27 avril 1848.
                                                       .    code-noir
Code noir de mars 1685 édit du Roi  sur les esclaves des îles de l'Amérique   signé par Louis XIV.
Code noir de décembre 1723 édit du Roi   sur  les esclaves pour les îles de France  et de Bourbon. signé Louis XV. Déclaration  des droits de l'Homme et  du citoyen du 26 août 1789.
Décret du 4 février 1794. Loi relative à la traite des noirs et   au régime des colonies du 20 mai 1802
.rétablissement de l'esclavage par   Bonaparte  .Arrêté Richepance de 17 juillet 1802   rétablissant l'esclavage. Arrêté du 7 novembre 1805 promulguant  le Code civil aux colonies. Ordonnance royale de Charles X  du 17 avril 1825. Proclamation du gouverneur de la Guadeloupe   du 4 avril 1848.Décret de l'abolition de   l'esclavage du 27 avril 1848.

                                                                                         ... bracelets traite des noirs.     Brick  négrier.....
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Divers  Bracelets d'esclaves.  (origine Dakar).  prix de vente 45 euros                                                

Convention du 30 novembre  et du 22 mars 1833 pour la répression de la Traite des Noirs  
Instructions annexées à la Convention du 22 mars 1833.

convention-traite

convention
documents de 23 pages in_folio
10 articles suit une convention supplémentaire de 11 articles +annexe de 8 articles prix de vente: 450 euros

convention
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convention-traite-noir
convention5
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Les cours de France et de la Grande-Bretagne désirant rendre plus efficace  les moyens de répression jusqu'à présent opposée au trafic criminel connu sous le nom de Traite des noirs ont jugé convenable de négocier et conclure une convention pour atteindre un but si salutaire,et elles ont ,à cet effet ,nommé pour leur plénipotentiaires savoir...............................................................................
Article 1er.
Le droit de visite réciproque pourra être exercé à bord des navires de l'une ou l'autre nation,mais seulement dans les parages ci après indiqués,savoir
1/Le long de la côte occidental d'Afrique,depuis le Cap Verd juqu'à la distance de 10 degrés au sud de l'Equateur,c'est à dire du 10° degré de latitude méridionale au 15ém degré de latitude septentrionale jusqu'au 30ém degré de longitude occidentale ,à partir du méridien de Paris.
2/Tout autour de l'île de madagascar dans une zône de d'environ 20 lieues de largeur
3° A la même distance des côtes de l'Ile de cuba
4° A la même distance de l'Ile de Porto-Rico.
5° A la même distance des côtes du brésil
toutefois ,il est entendu qu'un bâtiment suspect,aperçu et poursuivi par les croiseurs et dedans du dit cercle de 20 lieux,pourra ^tre cvisité par eux en dehors même de ces limites si,ne l'ayant jamais perdu de vue,ceux-ci ne parviennent à l'atteindre qu'à une plus grande distance de la Cote
Article 2°
Le droit de visiter les navires de commerce de l'une et l'autre nation,dans les parages ci-dessus indiquée,ne pourra être exercé que par des bâtiments de guerre dont les commandants ayront le grade de capitaine ou,au moins celui de lieutenant de vaisseau.
Article 3.
Le nombre des bâtiments à investir de ce droit sera fixé,chaqueannée,par une convention spéciale;il pourra n'être par le même pour l'une et  l'autre nation,mais dans aucun cas,le nombre des croiseurs de l'une ne devra être de plus du double de celui des croiseurs de l'autre.
Atrticle 4.
Les noms  des bâtiments et ceux de leurs commandants seront communiqués par chacun des gouvernements contractantà l'autre ,et il sera donné réciproquement avis de toutes les mutations qui pourront survenir parmi les croiseurs
Article 5.
des instructions seront rédigés et arrêtées en commun par les deux gouvernements pour les croiseurs de l'une et l'autre nation,qui devront se prêter une mutuelle assistance dans toutes les circonstances ou il pourra être utile qu'ils agissent de concert
des bâtiments de guerre réciproquement autorisés à exercer la visite,seront munis d'une autorosation spéciale de chacun des deux gouvernements
Article 6
toutes les foix qu'un croiseur aura poursuiviet atteindra comme suspect un navire de commerce,le commandant ,avant de proceder à la visite ,devra montrer au capitaine les ordres spéciaux qui lui confèrent le droit exceptionnel de le visiter,et lorsqu'il aura reconnu que les expéditions sont régulières et les opérations licites,il fera constater sur le journal du bord,que la visite n'a eu lieu qu'en vertu des dits ordres,ces formalités étant remplis,le navire sera libre de continiuer sa route.
Article  7.
Les navires capturés pour s'^tre livrés à la traite ou comme soupçonnés d'être armé pour cet innfâme trafic,seront ainsi que leurs équipages,remis sans délai,à la juridiction de la nation à laquelle ils appartiendront
il est d'ailleurs ,bien entendu qu'ils seront jugés d'après les lois en vigueur dans leur pays respectif
Article 8
Dans aucun cas,le droit de visite réciproque ne pourra s'exercer à bord des bâtiments de guerre de l'une ou l'autre nation
Les deux goyvernements conviendront d'un signal spécial dont les seuls  croiseurs ,investis de ce droit ,devront être pourvus,et dont il ne sera donné connaissance à aucun autre bâtiment étranger à la croisière
Articles 9
Les  hautes parties contractantes au présent traité sont d'accord pour inviter les autres puissances maritimes à y accéder dans le plus bref délai possible.
Article 10
La présente convention sera ratifiée et les ratifications en seront échangés dans le délai d'un moi ou plus tôt si faire se peut
En foi de quoi les plénipotentiaires ont signé la présente convention etb y ont apposé le sceau de leurs armes fait à Paris le 30 novembre 1831.


Convention supplémentaire conclue à Paris entre la France et la Grande Bretagne le 22 mars 1833.relativement à la répression du crime de la Traite des noirs
Sa Majesté le roi des français et sa majesté le roi du Royaume uni de la Grande Bretagne et d'Irlande ayant reconnu la nécessité de développer quelques unes des clauses contenues dans la convention signée entre leurs Majestés le 30 novembre 1831,relativement à la répression du crime de la Traite des noirs,on ont nommé pour leurs plénipotentiaires à cet effet...........................

suit 14 pages d"explications sur  la mise en place de l'arraisonement etc...

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Convention d'accession du Roi de Naples aux conventions conclues  entre la France et la Grande-Bretagne,les 30 novembre
1831,et le 22 mars 1833,relativement à la repression du Crime de la Traite des noirs Imprimé du 14 février 1838
prix 110 euros
Sa Majesté le Roi des Français et feu sa Majesté le Roi du Royaume de la Grande Bretagne et d'Irlande ayant conclu le 30 novembre 1831,et le 22 Mars 1833,deux conventions destinées à assurer la répression complète de la Traite des noirs ,les  Hautres Parties contractantes conformément à l'article IX de la première de ces conventions qui porte que les autres Puissances Maritimes seront invitées à y accéder,ont adressé cette invitation à sa Majesté le Roi des Deux Siciles
Et sa dite Majesté animée des mêmes sentiments est empressée de concourir avec ses deux augustes alliés au même but d'humanité ,n'ayant pas hésité à accueillir leur proposition,les trois Hautes Puissances dans la vue d'accomplir se dessein généreux et pour donner à l'accession de Sa Majesté Sicilienne ainsi qu'à son acceptation pae sa Majesté le Roi des Français,et par Sa Majesté Britannique l'authenticité convenable et toute la solennité usitée ont résolu de conclure à cet effet une convention formelle et ont en conséquence nommé pour leurs Plénipotentiaires savoir ......................
Article 1er
Sa Majesté le Roi du Royaume des Deux Siciles accède aux conventions conclues et signées le 30 novembre 1831 et le 22 mars 1833 Entre sa Majesté le Roi des Francais et feu sa Majesté  le Roi  du Royaume  Uni de la Grande Bretagne et d'Irlande relativement à la répression  de la Traite des Noirs ainsi qu'à l'annexe de la seconde convention contenant les instructions pour les croiseurs sauf les reserve et modifications exprimées dans
les articles II  III  et IV ci_après qui seront considérés comme additionnels aux dites conventions,et à l'annexe sus-mentionnée
article3..................................................

Article4................................................
Article5.................................................
Article6 ...............................................  Fait à Naples le quatorze février mil huit cent trente huit signé le Prince de Cassaro

joursin-capitaine
joursin-commandant
loursin

Repression de la traite des noirs.
Lettres du lieutenant de vaisseau Joursin à son épouse.Port-vendes/ Toulon, /de la mer sur la côte d'Afrique /Gorée et Rochefort/
 La goélette "La Toulonnaise" commandée par le lieutenant de vaisseau Joursin reçoit la mission de se rendre sur la côte d'Afrique ,avec le "MOMUS" pour y établir une station visant à la répression de la Traite des noirs.
Longue correspondance intime de Joursin avec son épouse
,vie sur la navire, l'équipage,
(comme toutes correspondance d'un marin  à son épouse , l'auteur raconte ses joies ses peines son ennuie etc...  )
22 lettres 1823/1826   63 pages in_4      Prix 470 euros

Les cartes de la traite des noirs.   les comptoirs d'Afrique     cartes marines du  18 éme siécle

                                                                           ..Prix de vente 290 euros la carte ancienne....encadrée.
Les fleuves Africains ont joué un rôle tres important dans la traite des noirs en effet:
Ces grands fleuves remontaient vers le centre de l'Afrique,ils permettaient le transit,de plus au large de l'Afrique il y avait la terrible barre, aussi la plupart des comptoirs de traite vont se trouver dans les estuaires
les fleuves les plus importants.
Le fleuve Sénégal
les fleuves Gambie et Casamance
le fleuve Nunez
Le fleuve Pongo
le fleuve Sierra Leone.
Le fleuve Gallinas.
Le fleuve Niger.
Le fleuve Congo.
Le Zambéze
popo
popo-
Suite de la coste de Guinée  depuis la rivière de Volta jusqu'à Jakin ou sont les Royaumes de KOTO,de POPO de WHIDAH ou JUIDA et d'ARDRA


Coste des esclaves (2 millions d'esclaves déportés du fleuve Volta à Lagos -Onim de 1640 à 1870)
les européens trafiquaient souvent depuis leur bateau au mouillage dans un lagon( car peu de forts),Allada grand centre de vente,
Ouidah comptoir  à 5 kilomètres du rivage,a été un centre de transit tres important
Allada-Offra, et le comptoir de Grand-POPO
Le port de Porto Novo 1783


nunho
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Coste d'Afrique et des Isles comprises entre le cap ROUGE et la rivière de NUNHO corrigée sur les manuscrits du dépot des cartes et plans et journaux du dépot de la marine
sierra-leona
sierra-leona-
Partie de la Coste de GUINEE Depuis la Rivière de Sierra Leona jusqu'au Cap das Palmas Dressée sur les journaux et les remarques des Navigateurs par M Bellin Ingénieur de la marine

Cette côte s'appelais la coste du Poivre,il y avait peu de mouillage et une barre importante
le fleuve Sierra Leone avait des écueils dangereux à son embouchure ,et une barre importante,mais il offrait des mouillages,c'était une escale importante,,la traite était importante sur Georges Island
Au sud le fleuve Sherbro marécageux difficile à remonter,esclaves vendus avant Cabo Monte,ou il y avait un petit fort anglais
Le fleuve Gallinas centre portuguais,à Cabo Monte il y avait un fort hollandais.

formosa
formosa-
CARTE DU GOLFE DE GUINEE ET les Costes comprises entre le cap Formosa et le cap de Lopes Consalvo  dressée sur les journaux des Navigateurs par N Bellin Ingénieur de la Marine
palme

Suite de la COSTE DE GUINEE Depuis le Cap des Palmes jusqu'au Cap des trois pointes    dressée sur les journaux des Navigateurs par N Bellin Ingénieur de la Marine 1746

Appelée cote d'ivoire  du fait des défenses d'éléphants
les embarquements d'esclaves se faisaient à Drouyin,Sait André et Cavally.
Un fort hollandais se trouvait à Axim.

kalbar
kalbar-
Carte de la Rivière de KALBAR     Appellée communément  KALABAR ou RIO REAL avec les Côtes voisines Tirée des Remarques de plusieurs pilotes 1699

Le RIO REALE (Bonny river) se trouve sur la baie du Biafra,la traite se faisait entre le deltat du Niger,le fleuve Cross et la rivière old Calabar ,vaste marécage insalubre,,mouillages old Calabar, Adiabo et Mbiabo sur le fleuve Cross et en bord de mer Duke town et enfin Bonny et Opobo,les capitaines devaient éviter les grands récifs devant Old Calabar
cote-or

Suite de la Coste Générale du Golfe de Guinée depuis le cap Appolonia jusqu'à la rivière VOLTA  ou COTE D' OR.

Cette côte comptait une centaine de comptoirs et de forts ,traite vers Elmina quartier général des hollandais,
un gros fort anglais existait à Cabo Corso meilleur mouillage de cette côte
Accra  possédait un chateau,mais mauvais mouillage présence de rochers, mais c'était un centre de traite important

SENEGAL.
Cinq cartes marines du  18 éme siécle par Bellin(1743. 1745) gravées sur cuivre,avec cartouche,rose des vents et limites colorés.
Carte 1.partie de la cote d'Afrique 
depuis Tanit jusqu'à la riviére du Sénégal(23,5x14,5cm)
Carte 2.Cours de la rivière Senegal,
depuis le désert jusqu'à l'ile de Morfil 
,avec le lac du Panier Foulé(14x22cm).
Carte 3 Cote Occidentale d'Afrique 
depuis le Cap Blanc jusqu'à Tanit 
montrant la baie d'Arguim(25x15cm)
Carte 4. Pan de la Baie d'Arguim  et 
de l'ile d'Arguim  levé par un
pilote français(14,5x21 cm).
Carte 5. Plan du fort d'Arguim(de face et
de coupe) pris par M Perrir de Salvert 
,le 8 mars 1721. (20,5X14,5)   vendue

5 cartes marines.

Carte 1. Sierra Leone Haute Guinée cote et pays voisins des rivières de  Sierra Léone et de Scherbro par Bellin  1743.gravée sur cuivre,cartouche,rose 
des vents limites coloriées(21,5x15cm).
Carte 2.Entrée de la riviére de Sierra Leone appelée aussi Mitomba ou Tagrim par Bellin  1743. sur cuivre,avec cartouche,rose des vents
et limites coloriées.(21x15cm).
Carte .3.Guinée,carte des entrées de  la rivière de Scherbro ou Cerbera par  Bellin(1743)sur cuivre,cartouche 
et limite coloriée .(18x25cm)
Carte.4.Hte Guinée;rivière de Kalbar ou rio Réal avec cotes voisines par Bellin.174 sur cuivre cartouche et limites coloriées .(21x37cm)
Carte 5.Hte Guinée-Dahomey  entrée de la rivière Sestos.par Belllin  1749. sur cuivre,rose des vents partiellement coloriée(21,5x15cm)prix  vendue.

Baye de Sierra Leona. Pays de Burré    gravure sur cuivre 18 ém prix de vente 65 euros

Quelques Estampes anciennes   à la vente

Un Négrier estampe extraite de la "France maritime"

visite Estampe ancienne tirée du Moniteur  des arts.
LE DROIT DE VISITE. salon 1846. Biard  pinxt.      Perassin lith. prix:40 euros

remarquBiard François Auguste (1798-1822.) peintre ,dessinateur,  il a i représenté des combats navals.
 a beaucoup voyagé en 1827, il  visite l'Egypte avec la corvette "La Bayadère en 1860 séjourne au Brésil.  deux ans.
                                                  .Bibliographie  en vente  .   (elle est importante)
negriers-aventures
Les aventures d'un négrier
.
Histoire véridique de la vie et des  aventures du capitaine Théodore Canot trafiquant en or, et ivoire et   en esclaves sur la  côte de Guinée telle qu'il la raconta en l'année
1854. à Brantz Mayer. Paris librairie Plon           1931.   Prix de vente:  30 euros.
negriers Traite Négrier l'Aurore navire de 280 tx  1784.

hugh-thomas La traite des noirs  1440-1870           par Hugh Thomas

Ce  livre est une référence  au sujet    de la traite des esclaves

derniers-negriers Les  derniers  Négriers   par Louis Lacroix  capitaine au long cours
Moi  Pierre  Tessier capitaine du Jason.
Le Jason débute une campagne négrière de plusieurs  mois en 1642.chasse aux esclaves sur la cote de Guinée,puis traversée de l'Atlantique avec  445 esclaves entreposés dans les cales.L' auteur descendant de P. Tessier a retrouvé un manuscrit inédit dans sa famille,le livre est basé sur ce ce journal de bord     .André Coupleux

 

theodore-canot Les aventures d'un négrier  trafiquant d'or,d'ivoire et d'esclaves
Le Négrier aventure de mer par  Edouard Corbière. Voir notre page "romans"
Le négrier est le premier de ses 14 romans.
il a été publié en 1832.  .   prix15 euros
autre exemplaire. éditions baudinière 1979             prix 11 euros
" C' est un bon paquet de mitraille qu' il nous faut avaler,pour nous guérir de notre maladie" H Corbière
Le nègre du Paradis
Barry  Unsworth.
éditeur Belfond 1994.
Il existe un film de Steven Spielberg "AMISTAD"
inspiré d'une histoire vraie,le film retrace l'incroyable voyage d'un groupe d'esclaves Africains.Maîtres de leur bateau après une mutinerie sanglante,ils essaient de rejoindre leur pays natal.Lorsque le navire"La Amistad",est arraisonné les esclaves  sont conduits aux Etats-Unis..............
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le livre
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pesci
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AMISTAD un des épisodes les plus dramatiques de l'esclavagisme   David Pesci.
AMISTAD les mutins de la liberté. bernard Vincent
Le nègre de l 'Amistad. Barbara  Chase-riboud    Il existe un film de Steven Spielberg  AMISTAD


negres-marons
FILM  ACTUELLEMENT SUR LES ECRANS.
ouidah
Ouidah.

Fakambi JustinLa route des esclaves au   Benin.
éditions Fit Cotonou.
tromelin
Les naufragés de l'île Tromelin
  irène Frain 10 euros
frain


                                                                                .... ROMANS
negriere.jpg
acheron.jpg
la belle négrière. Par Peter Marsh roman sur les derniers jours de la traite des noirs dits"bois d'ébène" et la guerre de sécession
histoire du baron Hervé de Plesguen .Les passagers de l'Achéron jan Van Dyck .Prix 10 euros.
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troisieme-officierRoman
bateau-negrier maison-des-esclaves

les chaînes de Gorée. Paul Ohl

Le troisième officier  Giuseppe Conte

Le troisième officier  Giuseppe Conte

Le bateau  négrier  la vie d'un poète  jorge  Amado La maison des esclaves  jean Canolle

 

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chasseur-de-noirs

Racines par Alex Haley            chasseur de noirs.  (Roman) de Daniel Vaxelaire Bois d'Ebène. un roman de franck G. Slaughter.

 

                                                                    Livres sur l'histoire de la traite

 

guadeloupel'esclave en Guadeloupe et en MartiniqueDe rené BELENUS

' Epopée delgres  (par Germain Saint RUF.
La Guadeloupe sous la  révolution Francaise.

haiti

HAITI  images d'une colonisation     ELIE LESCOT

voyage a Surinam  (Prix:  vendu )Par le capitaine Jean gabriel Stedman. En 1772 la nouvelle parvint aux Pays-bas que des
esclaves nègres s'étaient révoltés à Surinam(partie hollandaise de la Guyane)cette colonie était concédée à une société
dont les actions se trouvaient partagées entre la ville d'Amsterdam et la compagnie Hollandaise des Indes occidentales.
Le stathouder guillaume d'Orange décida d'envoyer un corps expéditionnaire chargé d'écraser la révolte,parmi les officiers   figurait un anglais Jean gabriel Stedman

La traite des nègres sous l'ancien régime
par liliane Crété ce livre est extrèmement complet  le sujet est parfaitement connu. prix 10 euros

la-traite-des-noirsLa  traite des noirs et ses acteurs africainspar Tidiane Diakiti prix 12 euros.

nantesLa traite des noirs et navires négriers au XVIIIém siècle par patrick Villiers

Nègres et Négriers

  Charles de la Roncière 25 e

gaston-martinnègriers et bois d'ébène  gaston Martin25 eur

la traite des nègres   

 

 

calvo

Le négrier roman d'une vie  Lino Novàs Calvo

 

 

 
traite-cesaire

marchands-esclavesMARCHANDS D'ESCLAVES               par aimé Césaire.Prix: 10 euros

negres

quand les Dieux souriront aux nègres  roman marcel  Clébant


       .Nantes port de la traite des noirs.
proces-traite-nantes
nantes-negriers

Procès d'un négrier (à Nantes)  par marc Tardieu     10 euros
Nantes et le temps des Négriers par Armel de Wisme 13 euros     
 La désinformation autour de l'esclavage  A R de Brienne    

 Nous présentons progressivement  à  la vente tous  nos livres  maritimes   sur le site d'  AMAZON  à la rubrique 
                                     librairie-maritime

Pourquoi?
Pour un acheteur  cette plateforme devient incontournable ,en effet pour un titre elle offre souvent des propositions pour ce livre ,de 5  à 30 euros donc choix immense pour le client.
Pour nous la plateforme internet  s'occupe de toute la gestion,paiement ,stock ,publicité  .........si vous cherchez un titre sur Google   ,Amazon va  figurer dans les premiers résultats de la recherche. ..... le site est tres bien référencé
librairie-marine.com ne peut pas lutter....

 

Sites internet bon surf.....Revenez nous vite...........

http://web.archive.org/web/20061126114113/http://ww3.ac-creteil.fr/hgc/spip/imprimersans.php3?id_article=284

 

http://www.slavevoyages.org/tast/index.faces

http://www.memoirestbarth.com/st-barts/traite-negriere/

 

2 mars 1807 L'Angleterre interdit la traite
1807
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18070302
http://www.senegal-online.com/francais/histoire/esclavage.htm
http://www.archivesdusenegal.gouv.sn/ESCLAVES/ARCNUM.HTM
LA TRAITE DES NOIRS ET SES CONSÉQUENCES AU SÉNÉGAL

Les Archives de la Traite des Esclaves  Conservées aux Archives du Sénégal     (1807 -1915)


ttp://dai.ly/x5yase


 
                                      Commentaires de nos lecteurs sur cette page "Traite"

le 20 novembre 2014

fusil fusil-de-traite

Fusil de traite africain. 

le  19  mars  2014.  Arrivée des noirs au Brésil                                            

olinda--

BRESIL.la capitainerie qui a le mieux réussi, appartient à Duarte Coelho, qui a fondé la ville d'Olinda en 1536. Sa capitainerie prospère avec la construction de sucreries à partir de 1542. Le sucre est une marchandise qui se vend très bien en Europe et sa production devient la principale ressource du pays au cours des 150 années suivantes.

olinda

 le comptoir  d'OLINDA

La capitainerie de São Vicente, propriété de Martim Afonso de Sousa, produit aussi du sucre mais sa principale activité économique est la traite des esclaves autochtones.

 

olinda

vue  d'OLIDA

Le 22 novembre 2011.
Il ne faut pas oublier la traite des chretiens par les pirates barbaresques
les esclaves chretiens chez les Turcs ,à Tunis,Alger, Salé était capturésc par les pirates barbaresques et vendus au marché.;
Voir la page:  http://www.biblisem.net/narratio/pravmons.htm
le 02 avril 2011.
 Veuillez trouver ci-dessous une estampe qui représente le capitaine de vaisseau LAYRLE Gouverneur de la Guadeloupe donnant la libarté aux esclaves.
layrle
layrle-portrait
layrle-decret
layrle-capitaine-de-vaisseau
L'esclavage  est à jamais aboli 27 mai 1848  signé Layrle
Le 25 mars 2011  Monsieur  voici quelques cartes d'époque, des comptoirs de la traite
cours-du-senegal
isle-de-scherbro


4 cartes
Cours de la rivière SENEGAL
Isle de Scherbro
Baye de Mosambique.
Fort Dauphin.

baye-de-mosambique
fort-dauphin

le 13 Octobre 2010.  Monsieur
                   veuillez trouver ci_joint  la Loi  relative à la Traite des noirs                                           cordialement.
loi-sur-la-traite.jpg Ministère de la Marine et des Colonies.
Loi relative à la répression de la Traite des Noirs.
Au chateau des Tuileries le 25 avril 1827.
Charles ,par la grâce de Dieu,Roi de France et de Navarre.
A tous ceux qui ces présentes verront,SALUT.
Nous avons proposé ,les chambres ont adopté,Nous avons Ordonné et Ordonnons ce qui suit:
                                                        .Article premier.
Les négocians,les armateurs,subrécargues,et tous ceux qui par un moyen quelconque,se seront livrés au trafic,connu  sous le nom de Traite des Noirs;le Capitaine ou Commandant et les autres Officiers de l'Equipage;  tous ceux qui sciemment auront participé à ce trafic comme assureurs,actionnaires,fournisseurs,ou à tout autre titre,sauf toutefois l'exception prtée en l'article 3,seront punis de la peine de bannissement et d'une amende égale à la valeur du navire et de la cargaison prise dans le port de l'expédition.................
le 11 décembre 2009  Monsieur,
Un article du journal l'Illustration   n°34 de 1843 (soit avant l'abolition de 1848),montre bien ce qu'était le transport des esclaves noirs.(interdit depuis le début du siècle) ce genre d'article a  du participer à  l'abolition.  5ans plus tard
menottes.jpg
traite.jpg
traite-noirs.jpg
le 9 janvier 2009.
 Monsieur ,  je viens d'acheter une édition du code noir,je sais que comme vous l'indiquez ce n'est pas vraiment "la traite"  mais ce fascicule  présente les lois non commentées ,ni tronquées                                                          éditions Sépia
code noir 1685.
code noir 1724.
Décret de la Convention nationale qui abolit l'esclavage 1794.
Loi relative à la traite des noirs 1802.
Décret portant abolition de l'esclavage dans les colonies 1848
Extrait de la déclaration universalle des droits de l'homme.
code-noir-lois
Bonjour,
Merci de faire paraître sur votre site l'annonce suivante :
recherche édition XVIII ème du Code Noir.
Adresse e mail : pa.juge@libertysurf.fr                       Cordialement
le 08 septembre 2005.
La librairie la 42ém ligne sort un catalogue "esclavage"   gratuit            http://www.42ligne.com
je vous signale la parution aux editions "le mot et le reste" du journal de bord d'un negrier 1762 adapté par bernard plasse..             galeriedutableau@free.fr
compte_de_vente
Saint-domingue   au Cap 21 mars 1767
Compte de vente de la cargaison de nègres du navire "La Revanche" de Nantes cy devant commandé par  Mr Gros,lesdits Nègres venus à fret sur la Nre "Le duc de Praslin",de Nantes, venant de la Coste d'Or,arrivé sur cette rade le 9 février 1767


Nègres......13
Négresses...3
Négrillons....6
Négrittes.....4                         30 négres, négresses,négrillons négrittes 2 morts pendant la vente
Certifie véritable le présent compte de vente montant à la  somme de vingt neuf mille sept cent  quatre vingt quatre livres trois sols
Au Cap le 21 mars 1767                     Signé Aubert.                            
               
Liste nominative des acheteurs des 30 nègres,négresses,négrillons,négrittes
compte_de-vente

compte-de-vente
           
le 01 juillet 2005.            monsieur
A cette époque le rôle du capitaine d'un navire négrier était fondamental ,en effet arrivé sur les côtes d' Afrique il devait échanger sa cargaison contre des noirs.
Voici la  pacotille  qu'il avait  embarqué en France pour l'échange .
.......  Les cotonnades, les etoffes dites pièces d' Indiennes (souvent réalisées en France) tres colorées avec des dessins peints   les rubans des mouchoirs de Pondichéry,et aussi les anciens uniformes bicornes,des chapeaux etc....des draps, des pots en laiton,et étain,des casseroles des barres de fer et cuivre,des couteaux flamands  du corail de la verroterie de Venise,des allumettes,des chaussures,et aussi des armes sabres de fer ( badigeonnés d'or) des fiusils  appelés "fusils de traite"de la poudre en barils,  du tabac avec des pipes, et  des barils d'eau de vie (souvent de mauvaise qualité)  et aussi des "cauris"petits coquillages de l'océan Indien qui servaient de monnaie d'échange
en échange on prenait des hommes et des femmes si possible entre 18 et 35 ans "les pièces d'indes" des négrittes   et négrillons    mais aussi si possible de la poudre d'or..........
 par exemple une " pièce d'Inde"s'échangeait  contre 3 fusils et un baril de poudre .
Les opérations sur la côte d'Afrique pouvaient être assez rapides , ou,  prendre des mois quand le navire devait aller de comptoir en  comptoir pour faire son compte d'escaves.

 

le 30 juin 2005. monsieur

veuillez trouver ci-dessous Quelques informations supplémentaires sur la traite des noirs.

t10 t2 t4 t.5
t8 t7 t9
n3 n4

Les traites négrières, également appelées traite des Nègres ou traite des Noirs, désignent des commerces d'esclaves dont ont été victimes, par millions, les populations de l'Afrique de l'ouest, Afrique centrale et l'Afrique australe durant plusieurs siècles Pour la définir, il faut associer et combiner les six éléments suivants

  • les victimes étaient des Noirs 
  • les traites supposaient des réseaux d’approvisionnement organisés et intégrés ;
  • les populations esclaves ne pouvaient se renouveler par la fécondité ;
  • le lieu de la capture et celui de la servitude étaient éloignés l’un de l’autre ;
  • la plupart du temps, la traite   correspond à un échange commercial entre producteurs et acheteurs ;
  • les entités politiques approuvaient ce commerce et en retiraient des bénéfices substantiels.

La traite doit être distinguée de l'esclavage qui « consiste à exercer sur une personne l'un quelconque ou l'ensemble des pouvoirs liés au droit de propriété » La traite nécessite l'existence de l'esclavage, mais l'inverse n'est pas vrai : l'esclavagisme a existé sans traite, dans le sud des États-Unis au XIXe siècle. La traite se différencie de la notion contemporaine de trafic d'êtres humains.

Les traites négrières furent un phénomène historique de très grande ampleur en raison du nombre de victimes, des nombreuses méthodes d'asservissement et des multiples opérations de transports sur de longues distances.

On en distingue trois types : la traite orientale, la traite occidentale et la traite intra-africaine.

Le choix du terme pour qualifier un commerce d'hommes, femmes et enfants noirs a longtemps été discuté, et continue de l'être. Selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, la formule « traite négrière » semble la plus adaptée       Elle fait principalement référence aux producteurs, les « négriers ».

Les historiens avaient d'abord parlé de slave trade (« commerce d'esclaves »), mais ce terme ne faisait pas l’unanimité auprès des chercheurs. Pour Serge Daget, il sous-entendait que les victimes étaient déjà esclaves alors que bon nombre d'entre eux étaient nés libres

La traite négrière, qui comporte d'importants risques militaires, nécessite une surface financière conséquente : on y trouve guère d'artisans ou petits marchands mais surtout des officiers supérieurs, la plupart du temps très proches de la royauté, ou des financiers confirmés. Un homme d'origine plus modeste, comme Henry Morgan, s'y fait une place grâce à son statut de leader des pirates de la Caraïbe au début des années 1670. La majorité de ces armateurs (il existe quelques exceptions comme la famille Montaudouin) ne consacre qu'une partie de leur activité à la traité négrière afin de diversifier les risques. Ainsi à Nantes, premier port négrier en France (43 % des expéditions négrières françaises, représentant un peu plus du dixième de l'activité maritime nantaise), l'armement négrier n'a jamais excédé 22 % de l'armement total

Craints et respectés dans leur milieu, ces hommes disposent d'un pouvoir considérable, qui explique le développement très rapide de la traite entre 1665 et 1750 et l'acquisition de fortunes considérables, à une époque où l'argent est rare et circule peu, l'absence d'industrie limitant les possibilités de s'enrichir vite. Leur influence amène l'Angleterre puis la France à approvisionner en esclaves l'Espagne à qui le traité de Tordesillas interdit l'accès aux côtes d'Afrique.

  • En 1647, la Barbade compte déjà 4 000 esclaves, 8 fois plus qu'en 1642. Le colonel Hilliard, qui a payé 400 sterling sa plantation en 1642 en revend la moitié au futur gouverneur Thomas Modyford pour 7 000 sterling.
  • En 1660, lors de la restauration anglaise, le roi Charles II Stuart fonde la compagnie des aventuriers d'Afrique, dirigée par Thomas Modyford jusqu'en 1669. Ses soutiens William Berkeley et George de Carteret sont récompensés par des dons de terre (Caroline, Virginie et New Jersey).
  • En 1664, Sir John Yeamans et le colonel Benjamin Berringer, planteurs de sucre à la Barbade, partent avec des centaines d'esclaves dans la Province de Caroline, deviennent gouverneurs. Frances Culpeper, épouse de William Berkeley, gouverneur de Virginie, héritière de ses plantations, les rejoint.
  • En 1664, Thomas Modyford quitte la Barbade avec 700 esclaves pour la Jamaïque, dont il devient gouverneur, et où il implante l'économie sucrière.
  • En 1671, Thomas Lynch, planteur et négociant d'esclaves lui succède, après avoir vécu cinq ans en Espagne. Charles II lui demande de désarmer les flibustiers pour assurer la stabilité d'une Jamaïque appelée à devenir une réserve d'esclaves pour l'empire espagnol.
  • En 1672, la nouvelle Compagnie royale d'Afrique reçoit le monopole de l'importation d'esclaves et construit des dizaines de forts en Afrique. Son créateur est le duc d'York Jacques Stuart, qui succédera de 1685 à 1688 à son frère Charles II.
  • En 1676, Henry Morgan, arrêté en 1672 par Thomas Lynch, est libéré et fait gouverneur de la Jamaïque. Il reçoit une grande plantation et désarme les pirates. Dans les années 1680, 8 000 esclaves arrivent chaque année dans l'île.
  • En 1677, l'amiral Jean-Baptiste Du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, obtint le privilège royal de vendre aux Antilles chaque année pendant huit ans 2 000 esclaves puis devient en 1791 gouverneur de Saint-Domingue, où il acquiert une grande plantation.
  • Dès 1678, son premier client fut le capitaine Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon, le plus riche planteur de la Martinique.
  • En 1701, Antoine Crozat prend la direction de la Compagnie de Guinée, que Louis XIV autorise à amener « 3000 nègres pour chaque an aux îles ». Acquéreur de la Louisiane en 1712, il y importe des esclaves et se heurte aux Amérindiens.
  • En 1735, Antoine Walsh, leader de la communauté jacobite des Irlandais de Nantes et fils de Phillip Walsh, qui a ramené en France Jacques II, est le premier négociant de Nantes. Il finance les rébellions du jacobitisme et fait échec aux projets de taxation du sucre.
  • De 1748 à 1751, la société Grou et Michel et la société d'Angola contrôlent 48 % de la traite nantaise. Guillaume Grou avait épousé Anne O'Shiell, sœur d'Antoine Walsh. Leur fortune (4,5 millions de livres) est confisquée en 1793.
  • En 1771 et 1775, Thomas Sutton de Clonard, actionnaire et officier de la Compagnie française des Indes orientales, associé du banquier Isaac Panchaud, achète une immense plantation sucrière à Saint-Domingue pour 7,8 millions de livres
  • En 1803, Jean Boze et Jean Lafitte, figures de la Piraterie des années 1800 dans la Caraïbe, approvisionnent les planteurs français de Cuba et de Louisiane.

 

 

La traite orientale

utilisait les voies commerciales des empires arabe puis ottoman : traversée du Sahara, de la Méditerranée, de la mer Noire, de la mer Rouge. Elle approvisionnait leurs principaux marchés aux esclaves, dans les grandes villes d'Afrique du Nord et de la péninsule arabique, puis de Turquie.

Au Moyen Âge, une partie des esclaves terminaient leurs périples en Europe méridionale, en partie sous contrôle musulman la péninsule ibérique avec l'Al-Andalus jusqu'au XVe siècle, la Sicile jusqu'au XIe siècle, les Balkans à compter du milieu du XIVe siècle avec les Ottomans.

La traite d'esclaves noirs vers l'Europe méridionale se poursuivit après la Reconquista espagnole, surtout vers la Sicile et les royaumes de la couronne d'Aragon. Après le Moyen Âge, quelques esclaves noirs arrivèrent jusqu'en Russie via l'Empire ottoman qui contrôlait la quasi-totalité du pourtour de la mer Noire

Contrairement à une idée reçue, la traite orientale ne touchait pas davantage les femmes que les hommes et n'était pas particulièrement à finalité sexuelle Elle fournissait une main-d'œuvre servile employée à des travaux domestiques et de services (employés de maison, tâches d'entretien des palais et des infrastructures et activités sexuelles : harem, concubines, prostitution, eunuques), mais également dans l'agriculture l'artisanat et l'extraction minière ou le métier des armes

La traite orientale a été la plus longue et la plus régulière des trois traites, ce qui explique qu'elle ait globalement été la plus importante en nombre d'individus asservis : 17 millions de noirs selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, du VIIe siècle à 1920

L'esclavagisme oriental ne se limitait pas aux populations noires. D'autres groupes ethniques en étaient aussi victimes, notamment des Européens, mais dans des proportions moindres. Elle prélevait des populations venant des steppes turques d'Asie centrale et de l'Europe slave et suscita des razzias dans le monde chrétien (Sud de l'Europe, Empire byzantin).

Par ailleurs, des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux IXe et Xe siècles, l'Indonésie entretenait des échanges commerciaux avec l'océan Indien et la côte est de l'Afrique. Les inscriptions parlent d'esclaves jenggi, c'est-à-dire « zengi », employés à Java ou offerts à la cour de Chine. En arabe, Zeng ou Zanj désigne à l'époque les habitants de la côte Est de l'Afrique

 

la traite occidentale

La traite atlantique, la plus intense, fut effectuée au profit d'Européens aidés par certains chefs africains des zones côtières Elle débuta en 1441 par la déportation de captifs africains vers la Péninsule ibérique pendant plusieurs décennies La première vente de captifs noirs razziés des côtes atlantiques a eu lieu en 1444, dans la ville portugaise de Lagos Au siècle suivant, les Portugais convoyèrent les esclaves vers les Caraïbes et l'Amérique du Sud. Les Anglais, les Français et les Hollandais s'y joignent dans les années 1640.

Pour contourner la mainmise ottomane sur les routes du commerce avec l'Orient, le prince Henri le Navigateur finança l'exploration maritime des côtes atlantiques dès 1422. Il voulait aussi s'allier à l'Éthiopie, royaume du légendaire prêtre Jean et contenir l’expansion mondiale de l'islam au détriment de la chrétienté Les considérations religieuses s'ajoutaient aux considérations politiques et commerciales : en 1442, puis en 1452, les papes Eugène IV et Nicolas V entérinèrent les conquêtes du roi Alphonse V de Portugal.

En 1453, la chute de Constantinople prive les négociants européens du commerce transméditerranéen. Des relations avec l'Afrique subsaharienne sont progressivement mises en place par Henri le Navigateur. Le Vénitien Alvise Cadamosto organise deux expéditions pour les côtes de l'Afrique subsaharienne, en 1455 et 1456

Le commerce en droiture

La majorité des navires commerçant avec les colonies ne pratiquent pas la traite négrière mais le commerce en droiture Le circuit en droiture consiste en un aller-retour direct (sauf escale nécessaire) entre la métropole et la colonie désignée. Le navire part avec de la marchandise vendue dans la colonie (aliments spécifiques, outils nécessaires au fonctionnement des colonies, bijoux, tissu fin pour les colons, tissu grossier pour les esclaves) puis effectue le trajet en sens inverse après s'être chargé de denrées coloniales (coton, sucre, cacao, café, indigo). Commerce direct dont l'aller se révèle peu rentable, il est cependant moins risqué (risque financier moindre car rotation plus rapide et ne nécessitant pas de faire le détour par l'Afrique) et domine aux deux tiers le commerce triangulaire qui est plus tardif

Le commerce triangulaire

Pour ses commanditaires, il représentait le modèle économique le plus sûr : le traitant n'avait pas lui-même à organiser de razzias. Les esclaves étaient simplement achetés à des fournisseurs africains. Les navires négriers partaient de l'Europe les cales pleines de « pacotille » (verroterie, miroirs, objets de parure, coquillages) mais aussi des marchandises de traite de qualité (tissus, alcool, arme à feu, barres de fer, lingots de plomb) troqués sur les côtes africaines contre des captifs, la qualité d'un capitaine se révélant à sa capacité à négocier auprès de ses traitants qui peuvent faire jouer la concurrence. Ils mettaient ensuite le cap sur l'Amérique du Sud, les Caraïbes ou l'Amérique du Nord. Les conditions de détention des esclaves étaient extrêmement dures : attachés par groupes, entassés dans les cales, et seulement sortis de temps à autre pour prendre l'air. « Cargaison » précieuse face au risque financier que prenait l'armateur, leurs conditions de détention s'améliorèrent au cours des siècles, leur taux de mortalité étant de 10 % à 20 %, avec des pics à 40 %. Pour les historiens, l'estimation la plus probable s'établit à 13 % sur les quatre siècles que dure la traite alors que la mortalité moyenne d'un équipage était tout juste inférieure

Les esclaves étaient vendus contre des lettres de change ou des matières premières : sucre, puis coton et café pour approvisionner l'Europe. Les investissements sucriers anglais des années 1660 puis français des années 1680, abaissent son prix, mais fait monter celui des esclaves en Afrique, relançant les guerres tribales.

L'Espagne ignorait le commerce triangulaire. Le traité de Tordesillas lui interdisant les comptoirs en Afrique, elle concédait des licences d'importation, via l'Asiento. Les premiers esclaves africains arrivent à Cuba dès 1513. Mais deux siècles et demi plus tard, en 1763, Cuba ne compte que 32 000 esclaves, 10 fois moins que la Jamaïque anglaise et 20 fois moins que Saint-Domingue. En revanche, de 1792 à 1860, 720 000 noirs sont introduits par les réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba, alors que l'esclavage disparaît à Saint-Domingue et à la Jamaïque.

La création dans les années 1670 de la Compagnie du Sénégal et de la Royal African Company dope le commerce triangulaire. La Martinique n'avait que 2 600 esclaves en 1674, ils sont 90 000 un siècle plus tard. D'immenses fortunes émergent sans se réinvestir dans l'industrie : malgré l'enrichissement des Irlandais de Nantes, l'arrière-pays chouan reste sous-développé. Bordeaux et La Rochelledeviennent à la fin du XVIIIe siècle les autres capitales du commerce triangulaire. Les bateaux sont plus grands, Saint-Domingue reçoit 20 000 captifs par an, le prix des esclaves monte encore, générant des guerres en Afrique.

 

Le commerce triangulaire, aussi appelé traite atlantique ou traite occidentale, est une traite négrière menée au moyen d'échanges entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques, pour assurer la distribution d'esclaves noirs aux colonies du Nouveau Monde (continent américain), pour approvisionner l'Europe en produits de ces colonies et pour fournir à l'Afrique des produits européens et américains.L'expression commerce triangulaire ne doit pas se réduire uniquement à un passage en trois temps sur trois continents : navires occidentaux se rendant sur les côtes africaines pour échanger des esclaves contre des marchandises ; puis transfert des esclaves en Amérique et échange contre une lettre de change, du sucre, du café, du cacao, du coton du tabac et sans oublier de l'or  ; enfin acheminement des produits américains vers les ports européensEn réalité, le déroulement du commerce triangulaire était beaucoup plus vaste et il existait plusieurs routes : l'Europe s'activait, en amont de la traite, afin de réunir les capitaux, les marchandises, les hommes et les navires nécessaires, ainsi que de trouver des alibis pour justifier ce trafic ; tandis qu'en aval, elle s'occupait de la transformation des denrées.

le « commerce triangulaire » conduit également à ne considérer l'Afrique et l'Amérique qu'au travers d'escales, plus ou moins secondaires dans l'organisation et la logique du trafic. On mésestime ainsi lourdement l'importance du continent noir, où les captifs étaient « produits », transportés, parqués et estimés par des négriers noirs. De leur côté, les Amériques ne constituaient pas seulement des lieux par lesquels transitaient les captifs, puisque c'est la logique du système esclavagiste qui entraînait la traite. Et l'on sait aujourd'hui que Rio de Janeiro, et non Liverpool, fut le premier port négrier de la planète. Outre les traites orientales et internes à l'Afrique, on oublie enfin les trafics océaniques ne s'inscrivant nullement dans un triangle. Celui reliant le Brésil à l'Afrique, et notamment à l'Angola, fut essentiel car il fit transiter la plus grande partie des captifs de la traite atlantique. Celui mettant en contact l'Afrique orientale et les Mascareignes ne fut pas négligeable, de même que celui reliant l'Afrique aux Caraïbes

  • Les armateurs

L'armement négrier était en France une activité très concentrée  : Robert Stein a recensé 500 familles qui avaient armé, à Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre et Saint-Malo, 2800 navires pour l'Afrique. Parmi elles, 11 familles (soit 2 %) avaient armé 453 navires (soit 16 %).

Entrave d'esclave sur un navire. Musée de la Marine, Paris.

Les armateurs négriers ne se livraient pas uniquement à la traite. En France, ils avaient d'autres activités, moins spéculatives, comme l'assurance, la droiture vers les îles ou la pêche à la morue. Ils occupaient souvent une place très importante dans les sociétés portuaires et ils étaient très influents. Entre 1815 et 1830, presque tous les maires de Nantes avaient été des négriers.

  • Les capitaux

La mise hors nécessaire à l'armement d'un négrier typique du XVIIIe siècle exigeait une somme importante : quelque 250 000 livres en France, la valeur d'un hôtel particulier dans une rue élégante de Paris, comme la rue Saint-Honoré Tho 1. Elle était trois fois supérieure à celle d'un bâtiment de même tonnage filant en droiture vers les îles. Pour financer leur expédition, les armateurs partageaient les risques financiers. Ils faisaient appel à un certain nombre de personnes pour prendre des parts dans l'entreprise. Appelés actionnaires ou associés, ces derniers pouvaient être très nombreux. En France, les armateurs trouvaient souvent les capitaux auprès de leurs amis, de leur connaissances et de leurs parents.

  • Le navire
  • Le choix du navire dépendait de la stratégie de l'armateur. Si celui-ci optait pour un voyage rapide alors le voilier devait être fin et rapide. S'il voulait se montrer économe, un navire en fin de carrière pouvait convenir. Le tonnage moyen du négrier était souvent supérieur à celui des navires destinés à la droiture vers les îles. Le navire négrier devait également répondre à des impératifs :Il devait être polyvalent, c'est-à-dire, être capable de contenir des marchandises comme des captifs.
  1. Le volume de la cale devait être très important pour l'eau et les vivres : en supposant qu'il faille 2,8 litres d'eau par personne et par jour, pour 45 marins et 600 captifs, sur un voyage de deux mois et demi, les besoins en eau se montaient à 140 000 litres d'eau ; il fallait compter 40 kilos de vivres par personne.
  2. La hauteur de l'entrepont devait être comprise entre 1,40 et 1,70 mètre. L'entrepont servait de parcs à esclaves et avec cette hauteur, les négriers augmentaient la surface disponible en installant des plates-formes à mi-hauteur sur les côtés, sur une largeur de 1,90 mètre.

Entre 1749 et 1754, le tonnage moyen des négriers nantais (187 observations) était compris entre 140 et 200 tonneaux.

  • Les marchandise

Les marchandises transportées devaient être suffisamment nombreuses et diversifiées. Les navires européens emportaient dans leur cale des textiles bruts, des textiles finis, des armes blanches, des armes à feu, des vins et spiritueux, des matières premières brutes, des produits semi-finis ou finis, des articles de fantaisie et parure, du consommable volatil, des instruments monétaires, des articles de cadeaux et de paiement des coutumes.

La cargaison d'un négrier en partance pour les côtes d'Afrique représentait 60 à 70 % du montant de la mise-hors nécessaire à l'armement du navire. En effet, de nombreux produits de traite étaient relativement chers. C'étaient le cas des « indiennes », des textiles qui représentaient entre 60 et 80 % de la valeur de la cargaison.

La composition standard de l'assortiment, décrite ci-dessus, s'est construite petit à petit. Elle n'est devenue effective qu'à partir du dernier tiers du XVIIe siècle, soit plus d'un siècle après le début de la traite. Auparavant, les négriers européens avaient proposé différents produits. Mais s'ils ne satisfaisaient pas la demande, ces derniers étaient retirés des négociations. Ce fut le cas, par exemple, de la nourriture, des animaux et des agrumes, présents dans les premières cargaisons portugaises.

  • L'équipage

Le nombre d'hommes d'équipage sur un navire négrier était deux fois plus important que celui des autres navires marchands de même tonnage. En France, on comptait 20 à 25 hommes par 100 tonneaux, ou encore un marin pour 10 captifs. L'équipage était composé de jeunes, de novices, parfois de fils d'armateur, de déracinés et d'aventuriers en tout genre.

  • Les marins indispensables

Pour la réussite d'une expédition négrière, quatre hommes étaient particulièrement importants :

  1. le charpentier qui devait construire le faux-pont une fois que le navire se rapprochait des sites de traite africains ;
  2. Le tonnelier qui devait s'assurer de la bonne conservation de l'eau et des vivres, en quantité très importante dans la cale ;
  3. Le cuisinier qui devait nourrir des centaines de captifs et l'équipage.
  4. Le chirurgien qui devait s'assurer de la bonne santé des captifs à l'achat. Il était également chargé du marquage au fer rouge des captifs. Mais il ne pouvait rien contre les maladies qui se déclaraient à bord (J.-C. Nardin en dénombre 45 différentes).
  • Le capitaine

Afin de mener à bien une expédition négrière, l'armateur nommait un capitaine. Il n'hésitait pas à intéresser le capitaine dans les profits de l'expédition en plus des primes. Celui-ci devait réunir plusieurs compétences :

  1. des compétences nautiques. Le capitaine devait savoir naviguer mais il devait également surmonter les nombreux obstacles naturels qu'il allait rencontrer sur sa route.
  2. des compétences commerciales. Le capitaine devait savoir marchander avec les traitants africains. Certains capitaines (surtout français) marchandaient également avec les colons
  3. des compétences de manieur d'hommes et de garde-chiourme.

La production d'esclaves

La production de captifs était une affaire quasi exclusive des Africains. Daniel Pratt Mannix estime que seuls 2 % des captifs de la traite atlantique furent enlevés par des négriers blancs. Dès 1448, Henri le Navigateur avait donné l'ordre de privilégier l'établissement de relations commerciales avec les Africain

Les lançados, métis de Portugais, jouèrent les intermédiaires entre les négriers occidentaux et les négriers africains à partir du dernier tiers du XVIe siècle en Gambie et au Libéria. D'autres lançados s'étaient établis dans le royaume du Dahomey. Au XIXe siècle, leur rôle en tant qu'intermédiaires et producteurs d'esclaves y était très important, surtout lorsque Francisco Felix da Souza obtint du roi Ghézo, en 1818, la charge de "Chacha" (responsable du commerce pour le royaume du Dahomey)

Au Congo[, à partir du XVIIe siècle, des caravanes de pombeiros (marchands indigènes acculturés et commandités par les Portugais) s'enfonçaient à l'intérieur du continent pour aller produire ou acheter des esclaves

Ailleurs, la production de captifs était affaire purement africaine

Les modalités de réduction en esclavage

Selon Orlando Patterson, les principales modalités de réduction en esclavage étaient la capture à la guerre, l'enlèvement, les règlements de tributs et d'impôts, les dettes, la punition pour crimes, l'abandon et la vente d'enfants, l'asservissement volontaire et la naissance

La confrontation de plusieurs sources montrent qu'il pouvait y avoir, selon les régions, un ou plusieurs modes de réduction en servitude prédominants :

  • Selon une enquête de M. Gillet établie en 1863 dans la région du Congo, seuls quarante esclaves environ, sur un total de 2571, étaient prisonniers de guerre ou bien avaient été pris et vendus par des peuples voisins. On comptait 1519 « esclaves de naissances », 413 personnes avaient été vendues « par des gens de leur propre tribu sans avoir, selon (elles), commis aucun délit ». Enfin 399 avaient été condamnées (pour infidélité, adultère, vol, crimes et délits divers, commis par eux ou par certains de leurs proches)
  • En 1850, S. Koelle interrogea 142 esclaves en Sierra Leone. 34 % dirent qu'ils avaient été pris à la guerre, 30 % qu'ils avaient été enlevés, 7 % qu'ils avaient été vendus par des membres de leur famille ou des supérieurs. Par ailleurs, 7 % avaient été vendus pour solder des dettes et 11 % condamnés au cours de procèsMortalité des captifs sur le sol africain

On dispose de peu d'éléments sur le nombre de captifs décédés sur le sol africain. Cependant, pour l'Angola, il existe de telles informations  : selon Miller, les pertes y auraient été de 10 % lors des opérations de capture, de 25 % au cours du transport vers la côte, de 10 à 15 % lorsque les captifs étaient parqués dans les barracons sur la côte. Au total, les pertes se situeraient entre 45 et 50 %

Il est impossible d'extrapoler ces données pour tirer des conclusions sur l'ensemble de l'Afrique. On suppose que les pertes étaient liées à la distance parcourue et à la durée nécessaire pour atteindre les sites de traite côtiers. Ainsi les pertes pouvaient être très différentes selon les régions.

    • P. Manning estime que pour 9 millions de déportés aux Amériques, 21 millions auraient été capturés en Afrique (7 millions seraient devenus esclaves en Afrique et 5 millions seraient morts dans l'année suivant leur capture)
    • Joseph Inikory estime que la traite atlantique et les diverses calamités naturelles auraient fait 112 millions de victimesPetre 19.
    • Raymond L. Cohn estime que 20 à 40 % des captifs mouraient au cours de leur transport à marche forcée vers la côte, et que 3 à 10 % disparaissaient en y attendant les navires négriers. On arrive à un total compris entre 23 et 50 %

L'échange des esclaves  Les modalités de l'échange

Les échanges se faisaient soit à terre, soit sur le bateau. Dans les deux cas, les modalités de l'échange entre négriers africains et négriers européens avaient peu varié au cours des siècles La marchandise européenne était étalée aux regards des courtiers et des intermédiaires africains. Ensuite les négriers européens payaient les coutumes, c'est-à-dire des taxes d'ancrage et de commerce. Puis les deux parties se mettaient d'accord sur la valeur de base d'un captif. Ce marchandage était âprement discuté.

Des unités de compte déconnectées Ce n'est qu'à partir du XIXeme siècle que des monnaies fiduciaires occidentales ont été introduites en Afrique sub-saharienne. Il s'agissait notamment du dollar américain, de la piastre et du Thaler de Marie-Thérèse.

Avant les courtiers africains utilisaient leur propre unité de compte comme la barre en Sénégambie ou l'once à Ouidah. En ce qui concerne les marchandises européennes, ils ne tenaient pas compte des prix occidentaux.

Dans certaines régions, c'est le choix dans l'assortiment qui déterminait la valeur d'un lot d'esclaves. En 1724, dans la région du fleuve Sénégal, 50 captifs avaient été traités pour :

  • 201 pataques à 4 livres la pièce
  • 1 macaton petit d'argent et sa chaîne
  • 1 cornet, ditto
  • 5 fusils
  • 8 cordes
  • 1,5 aune, drap écarlate
  • 24 pintes eau de vie
  • 12 barres de fer
  • 75 livres de poudre à canon
  • 104 livres de plomb en balle
  • 225 aunes, toile bleue et noire
  • 69 aunes, toile de Rouen
  • 12 milliers, galets rouge.

C'est ce que valaient les 50 captifs pour les négriers africains. Par contre, le négrier français convertissait le tout en monnaie fiduciaire française et ces 50 captifs lui coûtaient 2 259 livres tournois. Ainsi chaque captif coûtait en moyenne 45 livres.

Dans d'autres régions, le prix était fixé en unité de compte locale. Par exemple à Ouidah un canon équivalait à une dizaine d'esclaves, à Douala on trouve des barres de fer et des pots de cuivre ayant servi de monnaie d'échange, au musée de Banjul se trouve exposée une table de conversion du kilo d'esclave en pistolets, cristaux ou vêtements2. Mais pour les négriers occidentaux, le coût d'un esclave pouvait facilement varier. En 1773, à Ouidah, le prix d'un captif homme était fixé à 11 onces. À cette valeur, les marchandises échangées étaient différentes suivants les courtiers

onces
Courtier Cazou
3 ancres d'eau de vie 3
123 livres de cauri 3
5 rolles de tabac 5
Courtier Colaqué
2 ancres d'eau de vie 2
205 livres de cauri 5
16 platilles 2
2 rolles de tabac 2
1 chapeau
Courtier Yaponeau
4 ancres d'eau de vie 4
164 livres de cauri 4
1 pièce de toile à robe 1
2 pièces de mouchoirs de Cholet 1
4 barres de fer 1
1 chapeau

Les prix des esclaves entre 1440 et 1870

Les prix avaient évolué au cours des quatre siècles de la traite négrière occidentale.

L'arrivée des Français et des Anglais en 1674 sur les côtes d'Afrique, jusque là chasse gardée des Hollandais, fait brutalement monter le prix des esclaves, qui sera multipliée par 6 entre le milieu du XVIIe siècle et 1712, entraînant le développement de nouveaux circuits d'approvisionnement à intérieur du continent, qui affaiblissent les sociétés africaines traditionnelles.L'arrivée en masse de nouveaux esclaves aux Antilles fait parallèlement baisser leur prix d'achat par les planteurs de canne à sucre, dopant la production ce qui a pour effet d'abaisser le prix de cette denrée sur le marché mondial et encourager sa consommation avec à la clé un immense développement de l'économie sucrière et le trafic d'esclaves.Les prix avaient évolué au cours des quatre siècles de la traite négrière occidentale, tant côté anglais que français.

  • Côté anglais et espagnol, Hugh Thomas présente la liste ci-dessous :
    • Années 1440 : en Sénégambie, un cheval valait de 25 à 30 esclaves.
    • 1500 : un esclave valait 12 à 15 manilles sur la côte de Guinée.
    • 1500-1510 : en Sénégambie, un cheval valait de 6 à 8 esclaves ; au Bénin, un esclave valait 20 à 25 manilles.
    • 1698 : en Guinée, les prix avaient augmenté de 3 à 4 livres sterling.
    • 1701 : à Calabar, un homme valait 12 barres et une femme valait 9 barres.
    • années 1750 : de 12 à 16 livres à l'embouchure de la Gambie.
    • 1753 : un esclave de la côte de l'Or valait 46 livres ; de la côte du vent, de 35 à 43.
    • 1801-1810 : prix moyen d'un esclave de Sénégambie, 29 livres 5 shillings, 2 pence et demi.
    • 1850 : à Saint Louis du Sénégal, le prix moyen était de 28 livres sterling.
    • 1851 : le prix des esclaves au Mozambique était d'environ 3 à 5 dollars ; à Pongas, environ 12 ; à Luanda, environ 14 à 16.
  • Côté français, Serge Dagetnous en donne également une autre :
    • Au milieu du XVIIe siècle, à Ouidah, le coût du captif moyen équivalait à 72 livres tournois.
    • En 1670, à Ouidah, le coût du captif moyen montait à 192 livres.
    • En 1712, sur la côte de l'Or, un captif coûtait 384 à 410 livres tournois.
    • À la fin du XVIIIe siècle, à Ouidah, il pouvait atteindre 480 livres.
    • Entre 1830 et 1840, à Ouidah et à Lagos, un captif valait 360 à 480 F
    • En 1847, à Ouidah, il coûtait 1 680 à 1 920 F.
    • En 1847, à Lagos, le coût d'un captif était de 480 F.

Les modalités d'embarquement  

Porte du voyage sans retour de la Maison des Esclaves, à Gorée au Sénégal.Si le bateau appartenait à une compagnie, il se rendait aux comptoirs appartenant à leur nation. Là, des captifs étaient entreposés en vue de leur déportation. Avec le commerce libre, l'armateur fixait les lieux de cabotage du navire : dans le meilleur des cas, le navire cabotait dans une zone prédéfinie ; dans le pire des cas, le navire procédait à un lent cabotage entre chaque foyer négrier (appelé également la traite volante, de la Sénégambie jusqu'au Gabon et plus loin encoreLa durée du cabotage dépassait très fréquemment les trois mois L'embarquement des captifs se faisait par petits groupes de quatre à six personnes. Certains préféraient sauter et se noyer plutôt que de subir le sort qu'ils s'imaginaient : ils croyaient que les Blancs allaient les manger.Dès qu'ils étaient à bord, les hommes étaient séparés des femmes et des enfants. Ils étaient enchaînés deux à deux par les chevilles et ceux qui résistaient étaient entravés aux poignets.

 

La traversée de l'Atlantique Noir passage

Hubert Deschamps qualifiait la traversée de l'Atlantique de « noir passage ».

Le terme Passage du milieu désigne la même chose mais se réfère à la partie centrale, transatlantique, du Commerce triangulaire.

La traversée durait généralement entre un et trois mois. La durée moyenne d'une traversée était de 66,4 jours. Mais selon les points de départ et d'arrivée, la durée pouvait être très différente. Ainsi les Hollandais mettaient 71 à 81 jours pour rejoindre les Antilles alors que les Brésiliens effectuaient Luanda-Brésil en 35 joursPetre 21. Avant d'entamer la traversée, il arrivait souvent que le négrier mouille aux îles de Principe et São Tomé. En effet, les captifs étaient épuisés par un long séjour, soit dans les baracons, soit dans le cas d'une traite itinérante sous voilePetre 22. Les femmes et les enfants étaient parqués sur le gaillard d'arrière tandis que les hommes étaient sur le gaillard d'avant. La superficie du gaillard d'avant était supérieure à celle du gaillard d'arrière. Ils étaient séparés par la rambarde.

Les captifs étaient enferrés deux par deux. Ils couchaient nus sur les planches. Pour gagner en surface, le charpentier construisait un échafaud, un faux pont, sur les côtés. Le taux d'entassement était relativement important. Dans un volume représentant 1,44 m³ (soit un « tonneau d'encombrement », 170×160×53), les Portugais plaçaient jusqu'à cinq adultes, les Britanniques et les Français, de deux à trois. Pour les négriers nantais, entre 1707 et 1793, le rapport général entre tonnage et nombre de Noirs peut être ramené à une moyenne de 1,41.  Theophilus Conneau témoigna ainsi en 1854 : « Deux des officiers ont la charge d'arrimer les hommes. Au coucher du soleil, le lieutenant et son second descendent, le fouet à la main, et mettent en place les Nègres pour la nuit. Ceux qui sont à tribord sont rangés comme des cuillers, selon l'expression courante, tournés vers l'avant et s'emboîtant l'un dans l'autre. À bâbord, ils sont tournés vers l'arrière. Cette position est considérée comme préférable, car elle laisse le cœur battre plus librement. »

Si le temps le permettait, les déportés passaient la journée sur le pont. Toujours enchaînés, les hommes restaient séparés des femmes et des enfants. Ils montaient par groupes sur le pont supérieur vers huit heures du matin. Les fers étaient vérifiés et ils étaient lavés à l'eau de mer. Deux fois par semaine, ils étaient enduits d'huile de palme. Tous les quinze jours, les ongles étaient coupés et la tête rasée. Tous les jours, les bailles à déjection étaient vidés, l'entrepont était gratté et nettoyé au vinaigre. Vers neuf heures, le repas était servi : fèves, haricots, riz, maïs, igname, banane et manioc. l'après-midi les esclaves étaient incités à s'occuper (organisation de danses). Vers cinq heures les déportés retournaient dans l'entrepont.  Par contre, en cas de mauvais temps et de tempête, les déportés restaient confinés dans l'entrepont. Il n'y avait pas de vidange, ni de lavement des corps, ni de nettoyage des sols. Le contenu des bailles coulait sur les planches de l'entrepont, se mêlait aux choses pourries, aux émanations de ceux victimes du mal de mer, aux vomissures, au « flux de ventre, blanc ou rouge ». Toutes les écoutilles pouvaient être closes. L'obscurité, l'air rendu irrespirable par le renversement des bailles à déjection, le roulis qui faisait frotter les corps nus sur les planches, la croyance d'un cannibalisme des négriers blancs terrorisaient et affaiblissaient les captifs

 

es révoltes à bord La plupart des révoltes se réalisaient le long des côtes africaines. Elles pouvaient également avoir lieu en haute mer mais c'était beaucoup plus rare. Selon Hugh Thomas il y avait au moins une insurrection tous les huit voyages.

Quelques-unes réussirent :

  • en 1532, 109 esclaves se rendirent maîtres du Misericordia, un navire portugais. De l'équipage, il ne restait que 3 rescapés. Ceux-ci réussirent à s'enfuir. On n'entendit plus jamais parler du navire.
  • En 1650, un navire espagnol sombra au large du cap de San Francisco. Les Espagnols survivants furent tués par les captifs africains.
  • En 1742, les prisonniers de la galère Mary se soulevèrent. Seuls le capitaine et son second en réchappèrent.
  • En 1752, les esclaves du Marlborough se révoltèrent. On n'entendit plus jamais parler d'eux.

Mais la plupart du temps, les révoltes étaient matées et les meneurs servaient d'exemple : ils étaient publiquement battus et pendus, voire pire. Certains pouvaient être victimes d'actes de barbarie :le capitaine n'hésitait pas à couper une partie du corps de la victime pour épouvanter les autres captifs. En effet, beaucoup de Noirs croyaient que s'ils étaient tués sans être démembrés, ils regagneraient leur pays après avoir été jetés à la mer

  • Un capitaine n'hésita pas à contraindre deux captifs à manger le cœur et le foie d'un troisième avant de les tuer
  • Selon Hugh Thomas, le châtiment le plus brutal semble avoir été celui infligé au meneur d'une révolte sur le bateau danois Friedericius Quartus, en 1709. Le premier jour, il eut la main coupée et celle-ci fut exhibée devant tous les déportés. Le deuxième jour, on lui coupa la seconde main qui fut également exposée. Le troisième jour, il eut la tête tranchée et son torse fut hissé sur la grande vergue où il resta exhibé durant deux jours.

La mortalité des déportés durant la traversée

Jusqu'en 1750, la période la plus active, elle reste proche d'un sur six.Différents facteurs de mortalité ont été recensés : la durée du voyage, l'état sanitaire des esclaves au moment de l'embarquement, la région d'origine des captifs, les révoltes, les naufrages, l'insuffisance d'eau et de nourriture en cas de prolongement de la traversée, le manque d'hygiène, les épidémies (dysenterie, variole, rougeole,...), la promiscuité.Les enfants de moins de 15 ans étaient plus fragiles que les hommes. Les femmes étaient plus résistantes que les hommes.La mortalité des déportés lors de la traversée serait comprise entre 11,9 % et 13,25 %. Il arrivait que certaines atteignent 40 %, voire 100 %Dans le cas des expéditions négrières nantaises, le taux de mortalité des déportés avoisinait 13,6 %

Évolution de la mortalité moyenne des déportés

1597 - 1700 1701 - 1750 1751 - 1800 1801 - 1820 1821 - 1864 Ensemble de la période
22,6 % 15,6 % 11,2 % 9,6 % 10,1 % 11,9 %

La venteLes esclaves devaient être systématiquement soumis à une quarantaine avant d'être débarqués. Mais les arrangements avec les autorités étaient fréquents. Le chirurgien veillait à redonner une apparence convenable : les lésions cutanées et les blessures étaient dissimulées, les cheveux étaient coupés et le corps était enduit d'huile de palme. Ils étaient alors prêts pour être vendus sur les marchés aux esclaves. Dans la majorité des colonies, les esclaves étaient vendus par lots. Une annonce était transmise aux planteurs locaux. La vente pouvait avoir lieu sur le navire ou à terre. Il existait plusieurs techniques de vente comme les enchères ou le scramble. Les colonies qui importèrent le plus d'esclaves furent le Brésil suivi des Antilles.

Le retour en Europe

Les négriers rentraient en Europe avec de la canne à sucre ainsi que de l'or, ou effets de commerce, correspondant à la vente des esclaves. Mais aussi avec des produits dit de "haute valeur" (le coton, la canne à sucre, le tabac et des métaux précieux).

La mortalité des marins

Pour les négriers nantais, la mortalité moyenne était de 17,8 %. Il ne s'agit que d'une moyenne. Certaines traversées pouvaient se faire sans aucun décès tandis que d'autres pouvaient enregistrer une mortalité de 80 % voire davantage

Histoire du commerce triangulaire

c2 c4

On considère généralement que le début de la traite occidentale date de 1441, quand des navigateurs portugais enlevèrent des Africains pour en faire des esclaves dans leur pays

Une autre motivation de l'esclavage organisé par les Portugais est le besoin impérieux pour les équipages de marins, de se reposer au cours de leurs interminables voyages vers les Indes occidentales et vers la Chine (à Macao) et le Japon (à Nagazaki) . Ces voyages pouvaient durer des mois, entraînant une forte mortalité dans les équipages portugais (à cause de la fatigue et du scorbut). D'où la nécessité de se reposer dans des escales sur les possessions portugaises de l'Atlantique : principalement les îles du Cap Vert et les îles de Sao Tome et Principe. Pour cela, les autorités portugaises décidèrent de faire venir des paysans portugais cultiver la terre de ces îles atlantiques (dans le but de nourrir les marins faisant escale, avec une nourriture fraîche qui limitait le scorbut). Ces paysans portugais, habitués au climat relativement sec du Portugal, mouraient en grand nombre sous le climat équatorial de ces îles africaines. Par contre les Africains habitués à ce climat supportaient bien mieux de travailler dans de telles conditions : d'où l'idée des Portugais de faire venir du continent africain des esclaves pour travailler la terre de ces îles : ce fut de début de l'esclavage des Africains par les Européens.

Première étape, du XVe siècle au milieu du XVIIe siècle  Les royaumes européens et les premières expéditions négrières

Ce sont les Portugais qui se distinguèrent. Ils déportèrent près de 757 000 esclaves, soit trois quarts des déportés sur cette période. Trois déportés sur quatre étaient embarqués à partir de l'Afrique centrale et ils étaient destinés au Brésil (34 %) et à l'Amérique espagnole continentale (43 %).

Au total, 90 % de cette traite a eu lieu après 1672 et la création en Angleterre de la Compagnie royale d'Afrique, qui a surtout approvisionné la Jamaïque et en France de la Compagnie du Sénégal pour alimenter l'île de Saint-Domingue.

Les premières années

Au XVe siècle, avec le commerce transsaharien, de nombreux produits africains, comme l'or, les esclaves ou le poivre de malaguette (appelé également la graine du paradis), étaient présents sur quelques marchés européensTAvec la prise de Ceuta en 1415, les Portugais s'informèrent sur le commerce transsaharien. Ils en connaissaient de nombreux détails. Leur objectif était d'atteindre les mines d'or africaines. Pour y parvenir, ils ne tentèrent pas de prendre le contrôle des routes transsahariennes (solidement maintenues par les Arabes) . Ils privilégièrent une nouvelle route, la voie maritime

Les Portugais furent les premiers Européens à se risquer sur les côtes atlantiques de l'Afrique. Plusieurs facteurs y contribuèrent

ces mers étaient les leurs ;

- c'étaient de bons marins qui utilisaient les cartes et la boussole ;

- ils avaient de bons navires (les caravelles)  ;

- le commerce était très dynamique. L'Europe du Nord venait dans les ports portugais s'approvisionner en produits méditerranéens ;

- les autres royaumes européens étaient plus occupés à se faire la guerre.

En 1441, Antao Gonçalves captura des Africains noirs, des Azenègues, qui furent offerts en trophée au prince Henri Cet événement est considéré comme le début de la traite atlantique. Mais à l'époque, cet épisode fut anodin. En effet, depuis plusieurs décennies, la traite transsaharienne fournissait des esclaves noirs au Portugal. Les Portugais continuèrent les razzias. Celles-ci procuraient un profit immédiat et elles rentabilisaient les expéditions

Un nouveau procédé d'obtention de captifs prit forme très tôt, le commerce. Dès 1446, Antao Gonçalves acheta des esclaves. En 1448, 1 000 captifs furent déportés au Portugal et sur les îles portugaises (les Açores et Madère). Dans les années 1450, le Vénitien Ca'da Mosto reçut 10 à 15 esclaves en « Guinée » en échange d'un cheval. Il essaya d'entrer en contact avec Sonni Ali Ber, l'empereur des Songhaïs. Ces efforts restèrent vains

Supposant des succès portugais, les Castillans et les Gênois lancèrent leurs propres expéditions. Ils furent contrés par la diplomatie portugaise.

Une présence portugaise qui s'affirma

Les Portugais avaient plusieurs objectifs.

  • Ils voulaient entrer en contact avec le royaume du prêtre Jean (l'Éthiopie) pour obtenir une alliance. Ils pensaient ainsi prendre en tenaille le monde musulman (surtout après la prise de Constantinople par les Turcs musulmans).
  • Les relations avec l'Afrique étaient largement motivées par le commerce avec l'Asie. Pour leurs importations, les Portugais avaient besoin d'or (pour l'Empire Ottoman), d'argent (pour l'Extrême-Orient) et de cuivre (pour l'Inde).
  • L'objectif principal restait le profit.

Ainsi, dans la seconde moitié du XVe siècle, les Portugais s'enhardirent. La Couronne portugaise entreprit d'établir des relations commerciales stables avec l'Afrique subsaharienne. En 1458, le prince Henri le navigateur souhaita que ses hommes achètent les esclaves plutôt que de les razzier. Cette mission fut confiée à Diogo Gomez (il revint avec 650 esclaves razziés). La Couronne portugaise décida de laisser la gestion des nouvelles expéditions à des hommes d'affaires et des marchands portugais. Le premier d'entre eux fut Fernando Po en 1460. En contrepartie, il s'engagea à verser chaque année 200 000 reis et à explorer 100 lieues de côtes inconnues. Le droit de transporter des esclaves fut ensuite confié à une succession de marchands privilégiés, obligés de verser un impôt annuel fixé par la couronne.

Le règlement vis-à-vis des expéditions évolua : tout esclave importé devait être débarqué à Lisbonne (1473) et tout bateau en partance pour l'Afrique devait s'enregistrer à Lisbonne (1481). Les Portugais commencèrent à s'implanter sur plusieurs points du littoral africain. En 1461, le premier comptoir et le premier fort étaient achevés à Arguin En 1462, ils s'installèrent dans les îles du cap Vert. En 1481, le construction de la forteresse d'El Mina commençait. Le prince local, Ansa de Casamance, voyait d'un mauvais œil cette nouvelle bâtisse. En 1486, ils étaient sur l'île de Sao Tome  Ces expéditions étaient souvent de brillantes réussites commerciales. Les Portugais étaient de très bons intermédiaires et, grâce à leur caravelle, ils pouvaient convoyer toute sorte de biens le long du littoral africain. Ils s'intéressaient surtout à l'or, à l'ivoire et à la graine de Guinée  Mais les esclaves prenaient une place de plus en plus importante. En effet, à partir de 1475, les Portugais fournirent des esclaves aux Akans à Elmina et la réussite des implantations de la canne à sucre à Madère (1452), aux îles Canaries (1484), puis à Sao Tome (1486) exigea un nombre croissant d'esclaves.

Les marchandises échangées avec les chefs africains affluaient de toute l'Europe et de la Méditerranée (tissus de Flandre et de France, du blé d'Europe du Nord, des bracelets de Bavière, des perles en verre, du vin, des armes blanches, des barres de fer

Les Portugais connurent également de grands succès politiques. En Afrique, ils établirent des relations commerciales avec deux royaumes africains. En 1485, Cão s'entretint avec Nzinga, le roi du Kongo. Il revint au Portugal avec des esclaves et un émissaire. En 1486, Joao Afonso Aveiro entra dans le royaume du Bénin. Il crut qu'il était proche de l'Éthiopie, le royaume du prêtre Jean En Europe, en 1474, le prince réclama et obtint la propriété de l'Afrique. En 1479, les Espagnols cessèrent leurs expéditions vers l'Afrique. Ils reconnaissaient le monopole portugais. Cependant, il y eut un échec politique. En 1486, les Portugais aidèrent le roi Bemoin au Sénégal. Mais il fut déchu et exécutéL'Oba du Benin finit par interdire l'exportation de captifs. Pour le cuivre, les Portugais se fournissaient au Congo

L'asiento

Incapable de fournir suffisamment d'esclaves à ses colonies en raison du traité de Tordesillas entre l'Espagne et le Portugal, l'Espagne mit en place un asiento, privilège par lequel le bénéficiaire s'engageait à fournir un certain nombre d'esclaves aux colonies espagnoles. En retour, il se trouvait en situation de monopole : l'Espagne s'engageait à ce que l'empire achetât des captifs uniquement aux détenteurs de l'asiento. L'asiento fut ainsi octroyé tour à tour aux Portugais, puis aux Génois (et à leur Compagnie des Grilles), aux Hollandais, à la Compagnie française de Guinée, ou encore aux Anglais.

Vinrent ensuite les Hollandais, les Anglais et les Français. Ils traitaient notamment avec les Africains de la gomme, de l'or, du poivre de malaguette, de l'ivoire... et des esclaves.

Cependant, malgré les bulles pontificales, des Français et des Anglais firent quelques expéditions sur les côtes de l'Afrique, au grand désespoir des Portugais.

Une lente structuration de l'offre sur les côtes africaines

La traite sur les côtes africaines s'est très lentement structurée.

Vers 1475, les Portugais achetaient des esclaves dans le golfe du Bénin. Les Ijos et les Itsekiris se livraient alors à cette traite. Les esclaves qu'ils traitaient, étaient soit achetés à l'intérieur des terres, soit des criminels condamnés. Une partie des esclaves était acheminée à Elmina. Ils étaient vendus à d'autres Africains contre de l'or

À partir de 1486, les Portugais commencèrent à traiter avec le royaume du Bénin. En 1530, le royaume du Benin émit des réserves sur la traite des esclaves et, vers 1550, l'Oba du Benin interdit la traite.

En 1485, les Portugais achetèrent les premiers esclaves au Congo. Vers 1550, le Congo devint la principale zone de traite. Mais la demande portugaise en captifs était si élevée que le monarque fut vite dépassé. D'autres peuples s'entendirent pour satisfaire cette demande (les Pangu à Lungu, le peuple Tio). De 1 000 esclaves déportés en 1500, il y en avait entre 4 000 et 5 000 qui étaient déportés annuellement du Congo à partir de 1530L'Angola (ou Ndongo) fournissait également des esclaves aux Portugais. Dès 1550, les rois du Congo et de l'Angola se contestaient la suprématie dans la fourniture de captifs aux Portugais Vers 1553, un nouvel État africain livre des esclaves. Il s'agit de la monarchie d'Ode Itsekiri sur le Forcados (près du royaume du Bénin)Au début du XVIIe siècle, de nombreux villages de pêcheurs sur l'estuaire du Niger devinrent des villes autonomes avec d'importants marchés aux esclaves. Certaines de ces villes finirent par devenir de puissantes monarchies : Bonny, New Calabar, Warri, Bell Town et Akwa Town au Cameroun ; et il y avait de puissantes républiques commerçantes, comme Old Calabar et Brass

Une lente structuration de la demande aux Amériques      Très lentement, les esclaves noirs commencèrent à peupler les nouvelles possessions impériales espagnoles. Le phénomène fut graduel, discret, riche en faux départs. Ainsi un décret de 1501 interdisait les déportations aux Indes d'esclaves nés en Espagne, ainsi que des Juifs, de Maures et de « nouveaux chrétiens », c'est-à-dire des Juifs convertis. Cependant, certains marchands et capitaines obtinrent l'autorisation privée d'emmener aux Indes quelques esclaves noirs

Le début de la Traite d'esclaves vers les Amériques ne commença que le 22 janvier 1510, quand le roi Ferdinand donna la permission d'envoyer cinquante esclaves sur Hispaniola pour l'exploitation des mines. Ces esclaves devaient être « les esclaves les meilleurs et les plus forts qui se puissent trouver ». Il est certain qu'il songeait alors aux Noirs. Quant aux Indiens, ils ne résistaient pas aux mauvais traitements dans les champs et les mines (et surtout aux épidémies de variole). En 1510, il n'en restait plus que 25 000 sur Hispaniola

Jusqu'en 1550, la plupart des captifs africains étaient destinés à la péninsule Ibérique, à Madère, à Sao Tome et à Principe. À partir de 1550, la demande espagnole pour l'Amérique décollaTho 45. Les esclaves étaient alors pêcheurs de perles à la Nouvelle-Grenade, débardeurs à Veracruz, dans les mines d'argent de Zacatecas, dans les mines d'or du Honduras, du Venezuela et du Pérou, vachers dans la région de la Plata. D'autres étaient forgerons, tailleurs, charpentiers et domestiques. Les esclaves femmes servaient de femme de chambre, de maîtresse, de nourrice ou de prostituée. On prenait l'habitude de leur confier les tâches les plus ingrates

Au Nord-Est du Brésil, dans les capitaineries de Pernambouc et de Bahia, les premières plantations sucrières virent le jour sur le sol américain La demande en travail servile explosa. Les Portugais avaient alors à leur disposition les Indiens. Mais la persévérance de Bartolomé de Las Casas et d'autres dominicains finirent par rendre l'asservissement des Indiens illicite De plus, l'épidémie de dysenterie associée à la grippe avaient décimé la population indienne au Brésil dans les années 1560. Enfin les planteurs n'étaient pas satisfaits du travail des Indiens. Ceux-ci ne résistaient pas aux mauvais traitements qui leur étaient infligés et surtout aux épidémies. Pour toutes ces raisons, la demande d'esclaves noirs en provenance du Congo et de l'Angola se raffermit. De 2 000 à 3 000, en 1570, la population noire du Brésil s'élevait à 15 000 en 1600. Le quotidien de ces esclaves était très dur. Leur espérance de vie était d'environ dix ans. Il fallait donc sans cesse de nouveaux arrivages d'Angola et du Congo. Le Brésil devenait le principal fournisseur en sucre de l'Europe

Dans le premier quart du XVIIe siècle, le nombre total d'esclaves déportés d'Afrique devait approcher les 200 000, dont 100 000 allèrent au Brésil, plus de 75 000 en Amérique espagnole, 12 500 à São Tomé et quelques centaines en Europe

Le nombre d'esclaves africains travaillant alors dans les colonies antillaises était alors relativement faible. À la Guadeloupe, en 1671, 47 % des maîtres n'avaient qu'un seul esclave. Dans les premiers temps, dans les treize colonies anglaises, serviteurs, blancs et noirs, travaillaient côte à côte, dans le cadre de petites exploitations. Inversement dans les îles françaises, les engagés blancs étaient alors durement traités

Le grand virage franco-anglais de 1674

L'année 1674 est celle du grand virage pour l'esclavage. Jusque-là, depuis des siècles, des Africains sont emmenés à travers le Sahara vers le monde arabe, où ils deviennent domestiques. Le long et coûteux voyage, tout comme la demande modeste limitent le prélèvement annuel sur les populations africaines.

Les planteurs de sucre espagnols du Venezuela et portugais du Brésil achètent aussi des esclaves mais en quantité limitée, car le transport, par le système de l'Asiento, est le monopole des marchands hollandais, qui se limitent aux expéditions les plus rentables. Le sucre est encore cher sur le marché mondial ce qui empêche sa commercialisation à grande échelle.

La donne change quand le commerce triangulaire prend son essor à partir de 1674, l'année où les Français et les Anglais commencent à disputer aux hollandais le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où deux grandes îles, la Jamaïque et Saint-Domingue et trois petites, la Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d'importation des esclaves.

Le futur roi d'Angleterre Jacques Stuart crée en 1672 la Compagnie royale d'Afrique tandis que son cousin français Louis XIV fonde la Compagnie du Sénégal la même année et dissout la Compagnie des Indes de Colbert, l'une des premières compagnies coloniales françaises, à qui il reproche son incapacité à importer des esclaves. Louis XIV devient en 1674 un monarque absolu. Il prend ses distances avec Colbert et tombe amoureux de la Marquise de Maintenon, issue de la Martinique, qui achète le château de Maintenon à Charles François d'Angennes, un flibustier devenant en 1678 le plus riche planteur de Martinique.

L'arrivée des Français et des Anglais en 1674 sur les côtes d'Afrique fait brutalement monter le prix des esclaves, entraînant le développement de nouveaux circuits d'approvisionnement à l'intérieur du continent, qui affaiblissent les sociétés africaines traditionnelles.

L'arrivée en masse de nouveaux esclaves aux Antilles fait parallèlement baisser leur prix d'achat par les planteurs de canne à sucre, tandis que la production de sucre progresse très vite, ce qui a pour effet d'abaisser le prix de cette denrée sur le marché mondial, et de favoriser sa consommation en Europe.

Pour laisser la voie libre aux planteurs de sucre, Jacques II et Louis XIV tentent d'évincer les petits planteurs de tabac de la Barbade et de Saint-Domingue, par ailleurs soupçonnés de collusion avec les flibustiers. En France, la ferme du tabac est un monopole créé en 1674. Le prix d'achat aux planteurs est abaissé et le prix de vente au contraire relevé. Du coup, la production est découragée et la plupart des consommateurs préfèrent s'approvisionner en tabac de Virginie et du Maryland, où Jacques II vient justement d'octroyer à des aristocrates catholiques des terres pour créer d'immenses plantations de tabac qui fonctionnent, elles, à base d'esclaves.

Deuxième étape, du milieu du XVIIe siècle au début du XIXe siècle La traite atlantique ne prit véritablement son essor qu'à partir du dernier tiers du XVIIe siècle

Au total, 90 % de cette traite a eu lieu après 1672 et la création en Angleterre de la Compagnie royale d'Afrique, qui a surtout approvisionné la Jamaïque et en France de la Compagnie du Sénégal pour alimenter l'île de Saint-Domingue.

L'accroissement de l'activité négrière européenne

Trois phénomènes concurrencèrent à accélérer la demande des négriers européens : des produits se firent plus rares (l'or et l'ivoire) ou étaient concurrencés (le poivre de malaguette par les épices des Indes) ; la canne à sucre était mise en production au Brésil et dans les Antilles ; le choix d'esclaves africains s'imposa aux exploiteurs

  • Les Provinces-Unies

Au milieu du XVIIe siècle, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (ou W.I.C.) était toute puissante. Les Hollandais s'étaient implantés au Brésil et ils avaient enlevé Elmina. Leur position sur la traite fut renforcée par différents accords : l'asiento en 1662, puis l'accord entre l'Espagne et la firme Coijmans d'Amsterdam en 1685 et celui signé avec les assientis de la compagnie portugaise de Cacheu en 1699. Mais cette toute puissance ne dura pas. Ils furent supplantés par les Anglais et les Français. Le monopole de la W.I.C. pour le commerce avec l'Afrique dura jusqu'en 1730, et celui pour la traite jusqu'en 1738. Avec l'ouverture au commerce libre, le nombre de captifs déportés par les Hollandais augmenta. Entre 1751 et 1775, le nombre de déportés s'éleva à 148 000.

  • L'Angleterre / La Grande-Bretagne
Visage africain d'un mascaron de la Place de la Bourse à Bordeaux
  • La France

17 ports français participèrent à 3317 expéditions négrières. Nantes fut le principal port négrier français à partir du quai de la Fosse. 1427 expéditions y furent armées, soit 42 % de la traite française. D'autres ports armèrent de nombreux négriers : La Rochelle (427), Le Havre (399) et Bordeaux (393). Et il y eut aussi Saint-Malo (216), Lorient (156), Honfleur (125), Marseille (82), Dunkerque (44), Rochefort (20), Vannes (12), Bayonne (9), Brest (7).

Le démarrage de la traite française fut tardif. Bordeaux en 1672, Nantes et Saint-Malo en 1688 expédiaient leurs premiers négriers. Avant 1692, 42 négriers étaient partis de La Rochelle. Entre 1745 et 1747, il y eut en moyenne 34 expéditions négrières par an. Entre 1763 et 1778, il y en a eu 51 par an. Entre 1783 et 1792, il y en a eu 101 par an.

Une relative concentration de l'offre africaine

Du milieu du XVIIe siècle au début du XIXe siècle, la traite entre Européens et Africains se mit en place sur toutes les côtes africaines :

  • sur la côte sénégambienne, les Français, les Britanniques et les Portugais commercèrent avec les Ouolofs, les Sérères, les Manden, les Dyulas, les Balantes et les Felupes.
  • Sur les côtes des rivières du sud, les Portugais traitèrent avec les Lançados, les Bijagos, les Kokoli, les Nalu, les Sosoe, les Baya et les Tyapi.
  • Sur les côtes de Sierra Leone, les Britanniques commercèrent avec les Bulu, les Sherbo, les Krim, les Temne, les Kono, les Morodugu et les Vaï.
  • La côte des dents renfermait quelques foyers négriers
  • Sur la côte de l'or et la côte des Esclaves, les Européens s'implantent dans des forteresses mais leur influence est soumise à l'autorité africaine d'États côtiers très puissants (Nzima, Akan, Fante, Ewe, Ge, Huéd, Hula, Fon, Yoruba).
  • La côte béninienne et l'orient du delta du Niger. L'autorité était purement africaine, soit sous la forme monarchique, soit sous celle qu'on a nommé « Cités-États ». La population était Yoruba et Ibo. On y trouvait de nombreuses ethnies minoritaires comme les Ijo, les Ibibios, les Efik, les Aro, les Ekoi, les Efut.
  • La côte du Gabon, sous autorité africaine, de peuplement Mpongwè.
  • La côte du Loango, sous royauté africaine, de peuplement Vili.
  • La côte de l'Angola, sous autorité coloniale portugaise et autorité locale africaine, dont les principaux peuplements étaient Mbundu et Jaga.

L'offre africaine était cependant relativement concentrée au XVIIIe siècle : dans le golfe du Guinée, il y avait la Côte-de-l'Or et la côte des Esclaves ; en Afrique centrale, les trois quarts des captifs étaient vendus entre Cabinda et Luanda, un espace côtier long de 300 miles ; des sites côtiers comme Ouidah.

Développement

Au siècle des Lumières, la demande de produits américains en Europe occidentale connaît une croissance très forte : ce fut le cas par exemple du sucre, notamment celui de la colonie de Saint-Domingue, dont la production fut intensifiée par l'emploi d'environ 550 000 esclaves au XVIIIe siècle. La consommation de sucre, qui était quasiment nulle au XVIe siècle, était passée à 4 kilogrammes par personne et par an à la fin du XVIIIe siècle5. Ces besoins nouveaux avaient entraîné la création de nouvelles plantations et l'apport d'une main d'œuvre toujours plus importante qui n'existait pas sur place.

Le Brésil avait été la première destination des navires négriers : au total, plus de 40 % des déportés du commerce triangulaire y furent transportés

Troisième étape, le XIXe siècle  La demande occidentale, entre résistance et déclin

La traite négrière occidentale avait amorcé un déclin à partir du début du XIXe siècle. Cependant, la traite restait très dynamique jusqu'en 1850, date à laquelle ce trafic se réduisit fortement pour s'arrêter en 1867. Sur le XIXe siècle, l'activité négrière occidentale change de nature. Après avoir été monopolisée, puis libéralisée par les États, l'activité négrière devenait illégale.

Le 16 mars 1792 une ordonnance du Roi du Danemark et de Norvège prévoit l'interdiction de la traite négrière pour les sujets de son royaume et l'interdiction de l'importation d'esclaves sur son territoire à compter de 18037. En 1807, les Britanniques interdirent la traite. Les autres États européens suivirent le même chemin, mais ils n'étaient pas pressés de le faire. Et quand ces États interdirent la traite, leurs ressortissants négriers continuèrent dans l'illégalité. Évidemment ces décisions étaient prises sans aucune concertation avec les royaumes africains. Ces derniers continuèrent à faire des esclaves pour leur propre compte. Face à l'interdiction de la traite, des Européens souhaitèrent s'implanter en Afrique pour mettre en place des systèmes de plantations similaires à ceux des Amériques. Au Sénégal, Faidherbe lutta contre ces projets.

En 1807, les États-Unis et le Royaume-Uni abolissaient officiellement la traite des Noirs. Les autres nations européennes prenaient le même chemin avec le Congrès de Vienne de 1815. Cependant la traite fut poursuivie durant des dizaines d'années de façon clandestine. Le dernier envoi clandestin connu d'esclaves du Mozambique au Brésil eut lieu en 1862.

En France, après 1815, la traite illégale se poursuivit avec l'assentiment tacite des autorités. Elle était présentée comme un moyen de résister aux Britanniques soupçonnés de vouloir affaiblir l'économie nationale. Il fallut attendre les années 1820 pour voir la marine royale française lutter efficacement contre les trafiquants.

En fait c'est l'abolition de l'esclavage (en 1833 en Grande Bretagne et en 1848 en France) qui mit un terme définitif à la traite négrière pour les Britanniques et les Français. (Par contre l'esclavage a continué d'exister au Brésil jusqu'en 1888 ).

Une offre africaine toujours concentrée         En Haute Guinée et en Sénégambie (5 000 captifs par an jusqu'en 1850), le trafic s'était concentré dans la région de Gallinas. Lagos et Ouidah vendaient 60 % des captifs exportés de la baie du Bénin (10 000 captifs par an jusqu'en 1850). Dans la baie de Biaffra 9 à 12 000 captifs par an jusqu'en 1840. Les ventes s'effectuaient surtout à Bonny et aux deux Calabar. Le Congo et l'Angola vendaient 48 % des captifs de la traite atlantique du XIXe siècle. Ces ventes s'effectuaient à Loango, Cabinda, Ambriz, pour le Congo, et à Luanda et Benguela, pour l'Angola

Poursuite par l'engagisme Forme déguisée de la traite lorsqu'elle affranchissait, une fois achetés et sur le bateau, des noirs réduits en esclavage sur la côte d'ivoire, l'engagisme dans sa première forme fut tellement décrié comme perpétuation du commerce triangulaire qu'il fut presque aussitôt aboli.

La seconde tentative de faire venir des coolies chinois dans les Caraïbes fut également un échec ; cette fois pas parce qu'ils fussent esclaves déguisés, mais parce que les maîtres des plantations trouvaient que ces serviteurs engagés renâclaient à la besogne.

La troisième tentative fut un tel succès qu'elle apporta le troisième peuplement exogène des Caraïbes. Il s'agissait des Indiens du sous-continent, en majorité provenant de l'Empire britannique des Indes, mais également d'autres passant par les comptoirs français de Chandernagor et Pondichéry.

Nombre de déportés des traites occidentales Des statistiques de plus en plus précises

Dans Les Traites négrières, Essai d'histoire globale, Olivier Pétré-Grenouilleau écrit

« Il a fallu attendre 1969 et la publication du fameux The Atlantic Slave Trade. A census, de Philip D. Curtin, pour que l'histoire quantitative de la traite par l'Atlantique sorte véritablement des brumes de l'imaginaire. Ce que les historiens anglo-saxons appellent le « jeu des nombres » débutait alors. Pour la première fois, les travaux portant sur la question étaient passés au crible de l'analyse critique historique. L'étude de Curtin venait à un moment où l'histoire de la traite des Noirs prenait son envol. C'était également l'époque où la New Economic History commençait à s'affirmer dans le monde anglo-saxon. Une histoire empruntant à l'économétrie qui a, de suite, trouvé dans la traite par l'Atlantique un formidable levier. Les résultats du Census, de Curtin, ont donc été immédiatement à l'origine de vastes débats, contribuant à impulser de très nombreuses recherches. En 1999, un CD-Rom était publié recensant 27 233 expéditions négrières, réalisées entre 1595 et 1866 Reprises et commentées par Herbert S. Klein, dans un livre sorti la même année, complétées par David Eltis, dans un article paru en 2001, ces données seront encore affinées, lors de la publication d'un nouveau Census, annoncée par Steven Behrent, David Eltis et David Richardson. Tout cela fait du trafic atlantique la traite aujourd'hui la mieux connue, d'un point de vue statistique. Aucune autre migration humaine de l'histoire -forcée ou non - n'a sans doute été étudiée avec un tel luxe de détails. »

«  Il n'y a certes pas d'accord total sur les chiffres. Ainsi bien qu'ayant révisé ses estimations à la baisse, Joseph Inikori indiquait en 2002, qu'environ 12 700 000 Africains avaient été déportés à travers l'Atlantique. Cependant, un consensus général se dessine, confirmant les analyses d'ensemble de Curtin quant au volume global de la traite, tout en les nuançant dans le détail, c'est-à-dire dans ses rythmes. Selon lui, 9,5 millions d'Africains auraient été introduits dans les différentes colonies du Nouveau-Monde et, compte tenu de la mortalité au cours du middle passage, 11 millions, environ, seraient partis d'Afrique. Lors d'un colloque tenu à Nantes en 1985, Catherine Coquery-Vidrovitch annonçait que 11 698 000 Africains auraient été déportés, ajoutant par ailleurs que ce que l'on sait sur l'état des marines européennes de l'époque moderne ne permet guère de penser que ce chiffre aurait pu être dépassé En 2001, Eltis arrivait à un total de 11 062 000 déportés et de 9 599 000 esclaves introduits dans les Amériques entre 1519 et 1867 Ce sont ces dernières données utilisées ici. Elles ont été élaborées à partir de sources de première main extrêmement variées, puisées dans les trois continents ayant été impliqués par la traite par l'Atlantique. »

En décembre 2008, David Eltis lance la plus large base de données consacrée à la traite négrière atlantique : The Trans-Atlantic Slave Trade Database, elle fait état de 12 521 336 déportés entre 1501 et 1866

Rythme de la traite par l'Atlantique

Nombre de captifs en milliers Pourcentage
Entre 1519 et 1600 266,1 2,4 %
Entre 1601 et 1650 503,5 4,6 %
Entre 1651 et 1675 239,8 2,2 %
Entre 1676 et 1700 509,5 4,6 %
Entre 1701 et 1725 958,6 8,7 %
Entre 1726 et 1750 1 311,3 11,9 %
Entre 1751 et 1775 1 905,2 17,2 %
Entre 1776 et 1800 1 921,1 17,4 %
Entre 1801 et 1825 1 610,6 14,6 %
Entre 1826 et 1850 1 604,5 14,5 %
Entre 1851 et 1867 231,7 2,1 %
Total 11 061,8

Le pic fut atteint entre 1751 et 1800 avec une moyenne de 76 000 départs par an En prenant en compte l'évolution du taux de croissance, certaines nuances apparaissent. Ainsi, si entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, le rythme d'accroissement moyen annuel de la traite était de 3,3 %, il se stabilisa autour des 2,2 % entre 1500 et 1700, pour ensuite ne progresser que de 0,7 % pendant les quarante premières années de du XVIIIe siècle. Il y a ensuite stabilisation puis le recul s'observa à partir de 1790. Le XVIIIe siècle peut donc être coupé en deux : la première partie enregistrant une constante progression quoique ralentie ; la seconde se caractérisant par une stabilisation puis par le déclin

Régions de départ des esclaves de la traite atlantique

Afrique centrale Baie du Bénin Baie du Biafra Côte de l'Or Haute Guinée Séné- gambie Afrique de l'Est ---Total---
Entre 1519 et 1675 787,4 (78,0 %) 35,0 (3,5 %) 94,8 (9,4 %) 51,3 (5,1 %) 2,0 (0,2 %) 34,8 (3,5 %) 3,2 (0,3 %) 1 009,0
Entre 1676 et 1800 2 473,8 (37,4 %) 1 453,4 (22,0 %) 963,8 (14,6 %) 922,9 (14,0 %) 367,8 (5,6 %) 349,1 (5,3 %) 75,2 (1,1 %) 6 606,0
Entre 1801 et 1867 1 626,4 (47,1 %) 546,5 (15,9 %) 459,1 (13,3 %) 69,0 (2,0 %) 225,2 (6,6 %) 114,5 (3,3 %) 406,1 (11,8 %) 3 446,8
Tota 4 887,6 2 034,9 1 517,7 1 043,2 595,5 498,4 484,5 11 061,8
Pourcentage 44,18 % 18,4 % 13,8 % 9,43 % 5,38 % 4,5 % 4,38 % 100 %

Nombre de captifs par milliers

Principales régions d'arrivée des esclaves

Brésil Antilles britanniques Antilles françaises Amérique britannique continentale Amérique espagnole continentale Antilles espagnoles Antilles néerlandaise Guyane ---Total---
Entre 1519 et 1675 273,1 117,7 8,5 2,3 339,3 0 40,8 8,2 789,93
Entre 1676 et 1800 1 854,3 1 990,5 1 005,9 285,3 64,9 73,6 88,9 318,9 5 682,3
Entre 1801 et 1867 1 774,8 130,0 78,3 73,4 26,2 718,3 0 76,6 2 877,6
Total 3 902,2 2 238,2 1 092,7 361,0 430,4 791,9 129,7 403,7 9 349,83

Nombre de captifs par milliers

Nombre de déportés par pays européen

Portugal Angleterre / Grande-Bretagne France Provinces Unies Espagne États-Unis Danemark ---Total---
Entre 1519 et 1675 757,3 140,2 5,9 105,8 0 0 0,2 1 009,4
Entre 1676 et 1800 2 044,1 2 715 1 135,3 419,6 9,6 198,9 83,5 6 606
Entre 1801 et 1867 2 273,5 257 315,2 2,3 507,4 81,1 10,5 3 447
Total 5 070,9 3 112,2 1 456,4 527,7 517 280 94,2 11 062,4
En pourcentage 45,8 % 28,1 % 13,2 % 4,8 % 4,7 % 2,5 % 0,9 % 100,0 %

Nombre de captifs par milliers

Aspects économiques

Le quart du trafic contrôlé par 4 % des familles négrières

Selon l'historien Robert Stein, à Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre et Saint-Malo, 550 familles arment au total 2 800 navires pour l’Afrique au XVIIIe siècle. Parmi elles, 22 (soit 4 % de l’ensemble) réalisent ¼ de l’armement. La large étude des associés et l’émergence d’une élite managériale étaient les réponses rationnelles au caractère risqué du trafic négrier, et ce quel que soit le lieu

Les membres de cette aristocratie négrière occupent souvent le haut du pavé. Au XVIIIe siècle, dans les grands ports européens, ils fournissent en notables le négoce et les institutions. Présents dans les sociétés ou cercles culturels, ils affichent leur réussite à travers les façades de leurs hôtels particuliers, leurs propriétés rurales et leur style de vie. Leur aisance, leur influence, leur prestige et leur capacité à mobiliser plusieurs types de « capitaux » (économiques, culturels, symboliques, politiques…) peuvent leur ouvrir les portes du pouvoir. La plupart des maires de la Restauration (1815-1830) ont été des négriers illégaux notoires. Par l’intermédiaire de parents, d’alliés, d’amis, ces hommes infiltrent les sphères nationales du pouvoir, formant des lobbys.

Un trafic à la rentabilité aléatoire

La rentabilité en moyenne au plus fort de la traite

L'idée que les bénéfices des navires négriers étaient extraordinaires, nettement supérieurs à 100 %, enflamma l'imaginaire de plusieurs générations. Pourtant de récents travaux sur la rentabilité de la traite occidentale tendent à montrer que les profits étaient très loin d'être faramineux :

  • Selon W.Unger, les actionnaires hollandais de la Midelburgsche commercie Compagnie ne retirèrent qu'un profit moyen annuel de 2,1 % entre 1730 et 1790
  • Selon J. Postman, sur la traite hollandaise (entre 1600 et 1815), les gains étaient de l'ordre de 5 à 10 % pour 54 % des expéditions. Même la traite libre connaissait des pertes.
  • Pour J. Meyer, les gains pour les Nantais se situaient entre 4 et 10 %.
  • Selon D. Richardson, W. Davenport, négrier de Liverpool, aurait obtenu un revenu moyen annuel de 10,5 % sur 67 expéditions entre 1757 et 1785  a cette époque, les placements classiques rapportaient entre 4 et 6 %.
  • A Bristol, les profits des expéditions négrières étaient de 7,6 % entre 1770 et 1792.
  • Pour R. Anstey, la rentabilité de la traite britannique s'élevait à 10,2 % entre 1761 et 1807. La traite britannique était la plus rentable parce que le système bancaire britannique assurait une plus grande rotation des capitaux et une meilleure rentrée des créances coloniales (Colonial Debt Act de 1732). De plus, le coût des marchandises de traite était moins élevé et le nombre de marins sur un bâtiment britannique était moins important que sur un bâtiment français.
  • Pour Stephen Berhent, les profits de la traite britannique tournaient autour de 7,1-7,5 % entre 1785 et 1807.

"Une sorte de loterie où chacun espère rafler la mise"

Les chiffres présentés ci-dessus ne sont que des moyennes et, à ce titre, ils doivent être fortement nuancés. Tous les travaux se rejoignent pour indiquer une très grande irrégularité des profits, à l'origine de réussites spectaculaires et de retentissantes faillites :

  • 18 des 67 expéditions de W. Davenport sont déficitaires.
  • Selon R. Stein, entre 1784 et 1786, la rentabilité des expéditions nantaises oscille entre -42 % et + 57 %.
  • En 1783, l'expédition négrière nantaise de la Jeune-Aimée rapporta un profit de 135 %
  • A Bristol, un armateur qui organisa 30 expéditions de traite fit banqueroute en 1726

La rentabilité de la traite indépendante au XVIIIe siècle Sur la traite indépendante, les dangers étaient multipliés mais également les gains potentiels. En effet, ces trafiquants ne subissaient pas certains coûts des compagnies nationales à privilège (salaires des employés en métropole et en Afrique).La rentabilité de la traite au XVIIe siècle et début XVIIIe siècle

À cette époque, les profits étaient importants et même des compagnies à monopole connurent de bonnes fortunes.

  • Ce fut le cas de la Compagnie royale d'Afrique qui engrangea un profit moyen de 38 % entre 1680 et 1687 pour 99 traversée
  • Au début du XVIIIe siècle, la Compagnie des mers du Sud semble avoir fait un profit de 30 % dans sa traite avec Buenos AiresCependant, Meyer pour les Français et Unger pour les Hollandais montrent qu'il y a eu une baisse de la rentabilité sur le XVIIIe siècle. Bien que certains facteurs (standardisation des marchandises de traite et essor des manufactures) contribuèrent à réduire les coûts, d'autres (concurrence accrue, instabilité militaire sur les mers, augmentation considérable de la valeur des êtres humains en Afrique..), plus nombreux, avaient conduit à une baisse de la rentabilité.

Les profits au XIXe siècle Ils dépassèrent ceux du siècle précédent.

  • Le Cultivateur, négrier nantais, rapporta un profit de 83 %.
  • Selon Howard, même si les Britanniques capturaient un bateau sur deux, le profit était de 100 %

De gros négociants déportant des esclaves « illégalement », que ce soit à Cuba ou au Brésil, auraient fait faillite, a moins qu'ils n'aient investi dans les plantations de sucre ou de café. Il semble également que beaucoup de négriers aient exagéré leurs profits à cette époque

La traite dans les économies occidentales  La traite, à l'origine du financement de la révolution industrielle ?

Pour Karl Marx, les sources de « l'accumulation primitive » à l'origine de la révolution industrielle étaient l'expropriation paysanne puis la traite et l'exploitation esclavagiste. E. Williams en 1944 a soutenu que la traite, à elle seule, avait suffi au financement du take-off britannique. À la suite de très nombreuses études sur la révolution industrielle et l'industrialisation en Europe, cette thèse est aujourd'hui dépassée :

  • selon François Crouzet, les premiers capitalistes de l'ère industrielle étaient issus des strates de la petite et de la moyenne bourgeoisie et les capitaux qu'ils avaient à leur disposition étaient modestes et facilement empruntables. Ces faits infirment la thèse d'une indispensable accumulation du capital pour expliquer les débuts de l'industrialisation (mais ce sont surtout les progrès techniques qui permirent la révolution industrielle en Angleterre (puis sur le continent) : invention de la machine à tisser (métier Jacquart) , de la machine à vapeur, de la locomotive à vapeur, de la production d'acier avec des procédés modernes, de machines agricoles etc);
  • les profits de la traite n'avaient pas atteint des sommets ;
  • d'autres facteurs, comme l'essor des campagnes, du commerce intérieur et la constitution d'un marché unifié, avaient joué un rôle déterminant dans le démarrage de la révolution industrielle britannique ;
  • selon S. Engerman, l'apport du capital négrier dans la formation du revenu national était rarement supérieur à 1 %, le maximum étant atteint en 1770 avec 1,7 % ;
  • R. Anstey estime que la contribution du trafic négrier dans la formation du capital britannique se situa en moyenne autour de 0,11 % ;
  • O. Pétré-Grenouilleau montre que les négriers nantais, élites dominantes jusqu'en 1840, investirent dans la banque et les assurances, contribuèrent à l'essor des méthodes de l'agriculture nouvelle, s'intéressèrent à la conserverie, à la construction navale et à la metallurgie. Il y a eu des croissances, parfois spectaculaires, dans certains secteurs mais Nantes n'a pas connu de développement économique. En diversifiant leurs investissements plutôt que d'investir de manière réelle et durable, les négriers nantais comme en Grande-Bretagne et partout en Europe, étaient des négociants et non des industriels.

La traite, le débouché de la production européenne 

Pour P. Boulle, la traite n'a été « qu'un apport parmi d'autres au développement » de la Grande-Bretagne. C'est la multiplicité de ses marchés et l'intégration de ses secteurs économiques" qui fournirent à l'industrie les moyens de soutenir son développement. Au début du siècle, la part de l'Afrique dans le commerce extérieur n'était que de 2 %. Sur le XVIIIe siècle, la traite britannique s'était fortement accrue (50 % de la traite négrière) si bien qu'en 1760, 43 % des toiles exportées étaient à destination de l'Afrique. Mais l'Amérique et les Antilles, qui offraient alors un débouché presque aussi large, prirent une place de plus en plus importante au cours du temps. Quant au marché intérieur, il devient le principal débouché de l'industrie britannique après 1750.

En France, la traite (qui représentait 20 à 25 % du trafic négrier vers 1750) fit naître des industries locales. Mais celles-ci périclitèrent.

Pour les Provinces-Unies, elles avaient subi l'effet pervers ou boomerang de leur réussite commerciale : la masse et le bon marché des produits n'y permettaient pas l'implantation d'industries nationales.

Rôle de la traite dans le développement économique

Personne aujourd'hui ne conteste le rôle primordial de la traite dans l'extension du système de la grande plantation, dans l'essor des productions coloniales, ainsi que dans l'accroissement du commerce international de ces produits. Il est indéniable que le commerce international des produits des colonies était profitable, qu'il permit une croissance spectaculaire du trafic maritime et qu'ils ont été nombreux à y faire fortune. Mais ce n'est pas la cause du développement occidental.

  • Paul Bairoch montre que le commerce intra-européen avait joué un rôle beaucoup plus important que le commerce colonial dans l'essor du Vieux Continent.
  • Pour Eltis, la traite constituait une part si infime du commerce atlantique des puissances européennes que, même en imaginant que les ressources employés dans la traite n'auraient pu être employées ailleurs, sa contribution à la croissance économique des puissances européennes aurait été insignifiante. Lorsque la traite britannique fut à son maximum cela ne dépassait pas les 1,5 % des navires la flotte britannique et les 3 % de son tonnage. Quant au produit brut des colonies esclavagistes britanniques, il n'était guère plus élevé en 1700 que celui d'un petit comté britannique, et il correspondait à peine à celui d'un comté un peu plus riche en 1800. Il disait même « la taille et la complexité de l'économie britannique au début du XIXe siècle suggère l'insignifiance, et non l'importance du sucre. La croissance d'aucune économie ne peut en effet, quel que soit le lieu, dépendre d'une seule industrie »Petre 46. Eltis en conclut que la Grande-Bretagne aurait pu connaître un important développement économique en l'absence de ses relations avec l'Afrique et avec l'Amérique.
  • Pour la France, l'interruption de la traite (entre 1792 et 1802, puis entre 1803 et 1815) n'a pas provoqué un arrêt de l'économie française.
  • Les origines de la révolution industrielle sont lointaines et globales. Certains historiens n'hésitent pas à les faire remonter au Moyen Âge. Ainsi les marchés intérieurs européens et la formation précoce d'un marché national unifié en Grande-Bretagne (progrès des transports et petite taille du pays) ont joué un rôle important. La relative pénurie de main d'œuvre a pu pousser la Grande-Bretagne a créé des machines.
  • L'importance du commerce colonial dans le commerce total, si elle avait été spectaculaire au cours du XVIIIe siècle, doit être nuancée. En France, la croissance avait été réelle entre 1716-1736 et 1748. À la fin du XVIIIe siècle, la croissance du commerce extérieur français s'explique par la flambée des prix des produits coloniaux alors que les prix des autres produits reculent. Ensuite, une grande partie des produits coloniaux était immédiatement réexportée sans avoir été transformée (de 17,7 % en 1716, elle était de 33 % en 1787). La « colonisation » de l'économie française conduit à un trafic peu « productif ». Ce commerce profitait aux négociants, aux différents intermédiaires et à l'État.

Il faut également remarquer que la 'valeur ajoutée ' de cette activité servile était finalement faible : à part la production de sucre (facilement remplaçable, à l'époque, par la production de miel) et de tabac (pas vraiment utile pour la vie des gens de l'époque) , cette activité ne générait que peu de bénéfices (par rapport aux autres activités en Europe) , surtout si l'on considère les investissements coûteux pour y arriver : construction de navires, embauche d'équipage, fabrication de viande ou poisson salés en quantité etc.

Autres aspects La position de la papauté

L'omniprésence des Portugais le long des côtes africaines de l'Atlantique durant cette période s'explique aussi par la politique des papes à l'égard de l'Afrique :

  • En 1442, le pape Eugène IV, par la bulle pontificale, Illius qui approuva les expéditions du prince Henri le Navigateur en Afrique
  • Puis le pape Nicolas V publia deux bulles, Dum diversas et Romanus pontifex
    • La première bulle, 1452, donna toute latitude aux Portugais pour attaquer, conquérir et soumettre les Sarrasins, païens et autres incroyants. L'emploi très fréquent du terme Sarrasin montre combien il était préoccupé de la situation en Méditerranée. Sans doute le but était-il de faire diversion et d'allumer des contre-feux pour éviter la chute de Constantinople, ce qui arriva l'année suivante.
    • La seconde bulle, du 8 janvier 1454, approuva ce que les Portugais avaient entrepris et accueillit avec grand enthousiasme tant les découvertes que les installations en Afrique, encouragea les rois à convertir au christianisme les populations locales et donna son approbation expresse au monopole commerciale des Portugais en Afrique. Les conquêtes au sud du cap Bojador seraient à jamais portugaises. Il en était de même de « toute la côte de Guinée, incluant les Indes » (ce nom désignant alors à peu près tous les territoires censés se situer sur la route de la Chine).
  • Enfin, son successeur, Calixte III, publia la bulle Inter caetera en mars 1456

Les Portugais obtinrent également du pape qu'il déclare que le Portugal avait conquis l'Afrique jusqu'à la Guinée. Fort de ces bulles, les Portugais n'hésitèrent pas à arraisonner tout bateau qui se trouvait sur les côtes africaines et à pendre l'équipage (surtout des Espagnols)

Toutes ces fameuses bulles approuvant les expéditions portugaises avaient été promulguées parce que la papauté estimait nécessaire d'agir avec vigueur contre l'islam qui semblait menacer, après la chute de Constantinople, l'Italie elle-même, autant que l'Europe centrale. Calixte III déploya maints efforts pour mettre sur pieds une ultime croisade. Les projets du prince Henri s'inscrivaient dans ce plan d'ensemble En 1494, par le traité de Tordesillas, les zones d'influence de l'Espagne et du Portugal étaient délimitées

Quant à l'esclavage en particulier, en 1435, par la bulle Sicut Dudum, Eugène IV condamne l'esclavage des habitants Noirs des îles Canaries. Sous peine d’excommunication, tout maître d’esclave a quinze jours à compter de la réception de la bulle pour rendre leur liberté antérieure à toutes et chacune des personnes de l’un ou l’autre sexe qui étaient jusque là résidentes desdites îles Canaries [...] Ces personnes devaient être totalement et à jamais libres et devaient être relâchées sans exaction ni perception d’aucune somme d’argent.

La bulle Sublimis Deus de Paul III, du 29 mai 1537, interdit totalement l'esclavage des Indiens d'Amérique. Il condamne sans appel la pratique de l'esclavage, et qu'il dénonce comme directement inspirée par l'Ennemi du genre humain, Satan.

Les arguments contre l'abolition

  • Les arguments idéologiques

Les négriers avaient la possibilité de baptiser l'ensemble des captifs embarqués en Afrique. Par cet acte, les Noirs païens qui étaient « voués à l'enfer éternel », selon les missionnaires chrétiens, avaient une chance d'aller au paradis. C'étaient donc les esclaves, selon cet argument, les grands bénéficiaires de l'opération. Pour certains hommes, notamment des hommes d’Église, cet argument était essentiel

Mesure de la ponction démographique de la traite

Il apparaît très difficile d'évaluer les effets démographiques de la traite négrière dont les chiffres restent hautement contestés. Le point de départ de tout travail d'analyse est l'estimation de la population d'Afrique subsaharienne au XVIe siècle. En l'état actuel des connaissances, l'ampleur des variations des estimations rend toute conclusion impossible.

Estimation de la population d'Afrique subsaharienne

Auteur

Population

Période

Pétré-Grenouilleau

25 millions

début du XVIIIe siècle

Louise Diop-Maes

600 millions

XVIe siècle

Paul Bairoch

80 millions

XVIe siècle

INED, Histoire du peuplement et prévisions (2004), p. 201 & 202

70 à 90 millions

fin XVe siècle

Des chiffres contestés

Certains auteurs, à l'image de Philip Curtin ou d'Olivier Pétré-Grenouilleau ont tenu pour négligeable les effets démographiques de la traite. Ils s'appuient pour soutenir cette thèse sur une estimation du nombre moyen annuel de déportés africains. Au plus fort de la traite, entre 1701 et 1800, ils estiment que près de 6 millions de captifs ont été déportés. Cela correspond à une moyenne de 60 000 départs par an, soit 0,3 % d'une population estimée par Pétré-Grenouilleau à 25 millions d'habitants au début du XVIIIe siècle. Ce pourcentage restait, selon les estimations du même auteur, bien inférieur au taux d'accroissement qu'aurait alors connu l'Afrique noire (aux environs de 1 % ?).

Les partisans de cette thèse considèrent par ailleurs que « la nature polygame des sociétés africaines a sans doute eu pour effet d’atténuer voire d’annuler en bonne partie cet éventuel déficit des naissances consécutif à la déportation de la population masculine ». Cet argument a été vivement attaqué par les contradicteurs de Pétré-Grenouilleau : en dehors du fait qu'il véhicule un stéréotype raciste qui renvoie les sociétés africaines à une prétendue « nature polygame », il trahit pour ses détracteurs une méconnaissance du fonctionnement réel de la polygamie ainsi que des principes élémentaires de la démographie. Il n'existe en effet aucun lien entre natalité et type d'union matrimoniale. La polygamie, ou pour être plus précis la polygynie, ne change en effet rien au taux de natalité des femmes : elle peut même avoir pour conséquence de réduire ce taux, en instituant un délai d’isolement après chaque naissance Pétré-Grenouilleau mentionne aussi les décès de captifs survenus en Afrique. Il estime qu'en supposant qu'il y ait eu autant de décès que de captifs déportés, cela n'aurait pu que « localement » ralentir la croissance démographique et parfois l'annuler complètement

Louise-Marie Diop-Maes adopte une toute autre approche : elle tente de comparer la population africaine du XVIe siècle, c'est-à-dire avant le début de la traite, avec celle du XIXe siècle pour estimer les effets globaux que la traite a pu avoir sur le développement démographique de l'Afrique noire. Les sources dont disposent les historiens pour effectuer de telles mesures sont extrêmement lacunaires, en partie à cause de l'absence d'archives, et pourraient le rester définitivement. Diop-Maes s'appuie principalement sur les récits des voyageurs arabes pour estimer la taille des villes et la densité du réseau urbain africain1 : elle estime que la population était au XVIe siècle de l’ordre de six cents millions (soit une moyenne d’environ trente habitants au kilomètre carré)

Ces chiffres constituent, dans l'état actuel des recherches sur le sujet, une hypothèse haute. La fourchette des estimations effectuées jusque-là variaient entre 25 millions (hypothèse basse reprise par Pétré-Grenouilleau) et 100 millions d'habitants. Louise Diop-Maes estime par ailleurs la population de l'Afrique noire des années 1870-1890 à environ deux cents millions d'individus: l'Afrique noire aurait connu une réduction de sa population de quatre-cent millions entre le milieu du XVIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Dans l'hypothèse moyenne d'une stagnation de la population africaine aux alentours de 100 millions d'habitants, Patrick Manning avance que la part de la population d'Afrique noire dans la population mondiale aurait chuté de deux tiers entre 1650 et 1850

En adoptant des méthodes d'évaluation sensiblement différentes, le démographe nigérian Joseph E. Inikori ou l'historien Walter Rodney ont eux aussi conclu que les effets démographiques de la traite négrière avaient été importants. Pour Inikori, le système économique africain de l'époque qui différait sensiblement du modèle européen n'était pas capable de faire une de telle perte humaine. Des baisses de population localisées se sont transformées en problèmes plus généraux. Sans parvenir aux chiffres avancés par Diop-Maes, Inikori estime que la traite atlantique et les diverses calamités naturelles auraient fait 112 millions de victimes en Afrique noire.

Les partisans d'un effet démographique massif mettent l'accent sur les effets indirects engendrés par la traite : elle a créé en Afrique noire un nouveau système d’organisation économique et sociale qui s'est progressivement centré sur l’activité d’esclavage. L'esclave est devenu la principale monnaie des individus et des États dans leurs relations d’échange. Ce système a conduit à une recrudescence de guerres, de razzias et de rapts, de chasse à l’homme permanente qui ont provoqué l’arrêt des nombreuses activités productives que signalaient les voyageurs arabes du XIe siècle au XIVe siècle. Louise Diop-Maes cite le déclin et la fermeture des prestigieuses universités de Tombouctou et de Djenné comme indice des effets sociaux profonds de l'intensification de la demande européenne en esclaves.

Elle estime que la traite a eu pour conséquence « l’éparpillement et l’isolement des populations, d’où progressivement le déclin des villes, la réapparition de la vie sauvage à grande échelle, la différenciation des mœurs, coutumes, entraînant l’émergence de nouvelles langues, « ethnies » ; d’où aussi la perte de la mémoire collective, l’ancrage de l’esprit de division, la déliquescence sociale etc. : les individus, les groupes, les communautés, vont vivre dans une méfiance excessive et morbide les uns des autres, chacun considérant l’autre comme son plus grand ennemi

Le cas de la Sénégambie

Les conclusions générales tirées par Diop-Maes concordent avec les études plus localisées réalisées par William Randles en Angola ou Martin Klein en Sénégambie. Les études menées sur cette région de l'Afrique à l'époque pré-coloniale permettent d'illustrer les différences de point de vue existant encore sur les conséquences de la traite négrière.

Martin Klein avance que, alors que la déportation des esclaves depuis la Sénégambie était relativement réduite en nombre absolu, le trafic a totalement désorganisé l'organisation politique locale (fin des grands empires et émiettement politique extrême) et généré une violence sociale importante. L'orientation générale des échanges vers le nord et le Sahara a été bouleversé par la traite négrière qui a déplacé la fenêtre d'ouverture du continent vers l'Atlantique (déclin des villes sahariennes, couplé à la chute de l'Empire songhaï, indépendante de la traite négrière, après la défaite de Tondibi contre le Maroc en 1591). Ainsi les Wolofs du Waalo et les Toucouleurs du Fouta Toro ont progressivement déserté, au cours du XVIIIe siècle, la rive nord du fleuve Sénégal pour la rive sud et se sont vus contraints de payer un lourd tribut aux Maures du Trarza et du BraknaNote 4.

À l'inverse, Philip Curtin prétend   que cette même région n'aurait pas subi l'influence de la traite européenne, en restant en marge des échanges internationaux. Un de ses disciples, James Webb, amplifie les conclusions de son maître en affirmant que la traite transsaharienne est plus importante à la même période que la traite atlantique en Sénégambie. Les thèses de Curtin, et a fortiori celles de Webb sur l'impact de la traite sur les sociétés africaines ont été notamment critiquée par Joseph Inokiri, Jean Suret-Canale Charles Becker et certains de ses anciens étudiants comme Paul Lovejoy – ainsi que certains historiens sénégalais comme Abdoulaye Bathily ou Boubacar Barry26.

Chronologie par pays

  • Brésil

1888, abolition de l'esclavage au Brésil.

  • Cuba

1886, Cuba abolissait l'esclavage.

  • Danemark

1792, Par ordonnance royale, le Danemark abolissait la traite à compter de l'année 18037

  • Espagne

1518, Charles Quint autorisait la traite et l'esclavage.

  • États-Unis

1807, les États-Unis abolissaient la traite.

1865, les États-Unis abolissaient l'esclavage.

  • France

1315, un Édit stipulait que tout esclave touchant le sol français devenait automatiquement libre.

1594, première expédition négrière française.

1626, autorisation de déporter les premiers esclaves dans une colonie française.

1642, autorisation de la traite par Louis XIII.

1664, création de la compagnie des Indes occidentales par ColbertPetre 47.

1685, promulgation du «Code noir» par Louis XIV.

Sous la régence de Philippe, duc d’Orléans, les Lettres Patentes de 1716 et 1727 permettaient aux principaux ports français «de faire librement le commerce des nègres» et réduisaient de moitié les taxes sur les denrées en provenance des colonies comme le sucre. Il restait à acquitter un droit de 20 livres par Noir introduit aux îles.

1725, sous Louis XV, fin du monopole effectif. La traite privée devenait libre en échange de droits payés.

1767, liberté totale de la traite sans droits à payer. La Compagnie des Indes rétrocèdait les Mascareignes au roi ; début de la croissance économique et intensification de l’esclavage.

1768, les ports étaient exemptés du droit de 20 livres par Noir introduit aux Iles, droit ramené entre temps à 10 livres.

1784 et 1786, Sous Louis XVI, les efforts financiers de l’État furent grands : tout navire négrier recevait une prime d’encouragement de 40 livres par tonneau de jauge payée avant son départ et une prime de 160 ou 200 livres pour chaque captif débarqué dans la partie sud de l'île de Saint-Domingue; ces efforts portèrent leurs fruits : les armateurs même les plus timorés eurent de l’estime pour ce trafic.

1788, création de la Société des amis des Noirs.

1791, confirmation de l'esclavage dans les colonies par l'Assemblée constituante française.

1793, la Convention refusait d'abolir l'esclavage et supprimait les primes pour la traite des esclaves.

1794, Abolition de l'esclavage par la Convention mais la traite continue à l'île Bourbon (aujourd'hui île de la Réunion) et à l'Île de France (île Maurice).

20 mai 1802, la loi du 30 floréal an X maintenait l'esclavage dans les colonies restituées (Martinique, Sainte-Lucie) par le Royaume-Uni à la France.

16 juillet 1802, arrêté consulaire sur le rétablissement de l'esclavage dans les colonies où il avait été aboli (Guadeloupe, Guyane, Saint-Domingue).

1815, Pendant les Cent-Jours, Napoléon décrètait l'abolition de la traite. Au Congrès de Vienne, la traite était officiellement interdite.

1817, Louis XVIII signait une ordonnance interdisant la traite en France.

1820, établissement de croisières de répression le long des côtes africaines.

1829, début de l'immigration indienne vers les colonies françaises.

1831, troisième et dernière loi abolitionniste française.

1848 La France abolit l'esclavage dans toutes ses colonies (ce qui abolit également la traite négrière réellement).

1849 Le Tourville aurait été le dernier navire français à réaliser une expédition négrière.

  • Grande Bretagne 1807, la Grande-Bretagne abolissait la traite.
  • Hollande 1863, l'esclavage était aboli dans les colonies hollandaises de Surinam et Curaçao.
  • Portugal 1441 Début de la traite négrière occidentale. Des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves noirs au Portugal.
  • Vatican1537, Le pape Paul III condamnait la pratique de l'esclavage dans la bulle Veritas ipsa

1839, Le pape Grégoire XVI condamnait officiellement la traite négrière.

Réglementations

Le premier code visant à réglementer l'esclavage date de 1680. Il a été réalisé en Virginie. La Caroline fit de même en 1690

Le Code noir français

En France, le Code noir réglementait le traitement des esclaves dans les colonies. Par certains côtés, l'esclave était considéré comme un être humain, mais il était également une chose au sens juridique du terme, placée en dehors de tout droit de la personnalité Promulgué en 1685 par Louis XIV, le Code noir ne fut aboli qu'en 1848.

 

Un commerce de personnalités influentes

  • En 1647, la Barbade compte déjà 4000 esclaves, 8 fois plus qu'en 1642. La spéculation sur le sucre explose. Le colonel Hilliard, qui avait payé 400 livres sa plantation en 1642 en revend en 1647 la moitié à Thomas Modyford, futur gouverneur, pour 7000 sterling.
  • En 1660, Charles II Stuart, retrouve son trône et fonde la compagnie des aventuriers d'Afrique, dirigée par Thomas Modyford jusqu'en 1669.
  • En 1665, Sir John Yeamans et le colonel Benjamin Berringer, planteurs de sucre de la Barbade, partent avec plusieurs centaines d'esclaves dans la Province de Caroline, dont ils deviennent gouverneurs, fonder l'expansion des grandes plantations de tabac.
  • En 1664, Thomas Modyford émigre avec 700 de ses esclaves à la Jamaïque, devient gouverneur et implante l'économie sucrière.
  • En 1671, Thomas Lynch planteur et négociant d'esclaves lui succède, après avoir vécu cinq ans en Espagne. Conformément au souhait de Charles II de faire de la Jamaïque la réserve d'esclaves de l'empire espagnol, il désarme les flibustiers, pour assurer la stabilité.
  • En 1672, la nouvelle Compagnie royale d'Afrique reçoit le monopole de l'importation d'esclaves et construira des dizaines de forts en Afrique. Son créateur est le duc d'York Jacques Stuart, qui succède de 1685 à 1688 à son frère le roi Charles II.
  • En 1676, le chef pirate Henry Morgan, arrêté en 1672 par la Royal Navy, devient gouverneur de la Jamaïque et l'un de ses plus riches planteurs. Dans les années 1680, 8000 esclaves arrivent chaque année dans l'île.
  • En 1677, l'amiral Jean-Baptiste Du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, obtint le privilège de vendre aux Antilles chaque année pendant 8 ans 2000 esclaves et devient en 1791 gouverneur de Saint-Domingue, où il acquiert une grande plantation.
  • Dès 1678, son plus grand client fut le capitaine Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon. Après avoir dirigé la flotte corsaire contre les hollandais, il devient le plus riche planteur de la Martinique, qui ne comptait encore que 2600 esclaves en 1674.
  • En 1701, Antoine Crozat prend la direction de la Compagnie de Guinée, à qui Louis XIV impose désormais d'amener « 3000 nègres pour chaque an aux îles ». Acquéreur de la Louisiane en 1712, il y importe des esclaves et se heurte aux amérindiens.
  • Dès 1735, Antoine Walsh, leader de la communauté jacobite des irlandais de Nantes et fils de Phillip Walsh, qui a ramené en France Jacques II, est le premier négociant de Nantes. Il finance les rébellions du jacobitisme et fait échec aux projets de taxation du sucre.
  • De 1748 à 1751, grâce aux capitaux parisiens levés par société Grou et Michel et la société d'Angola, les familles Grou, Michel et Walsh, à la fois alliées et rivales, contrôlent 48 % de la traite nantaise. Guillaume Grou avait épousé Anne O'Shiell, sœur d'Antoine Walsh. Sans descendance, leur fortune (4,5 millions de livres) est confisquée en 1793.
  • En 1771 et 1775, Thomas Sutton de Clonard, actionnaire et officier de la Compagnie des Indes orientales, associé du banquier Isaac Panchaud, achète une immense plantation sucrière à Saint-Domingue pour 7,8 millions de livres

 

La traite intra-africaine

C'est la plus ancienne et la plus obscure, car la moins documentée, des trois traites. Elle remonte au moins au XIe siècle, a été stimulée par les deux autres, mais n'est devenue dominante qu'au XIXe siècle.

La part de la traite intra-africaine dans l'ensemble de la traite a fortement progressé au XIXe siècle, selon le sociologue Peter Manning. Avant 1850, seulement un tiers des captifs africains restaient sur place. Puis entre 1850 et 1880, leur nombre devint supérieur à ceux des traites occidentales et orientales. Après 1880, les interdictions de traite transatlantique commencent à rendre leurs effets et la quasi totalité des captifs restèrent sur place. Manning estime à 14 millions le nombre d'esclaves restant sur place, soit l'équivalent de la moitié des captifs exportés par les traites occidentales et orientales

Le chercheur canadien Martin A. Klein estime lui que, bien avant 1850, plus de la moitié des captifs restaient en Afrique occidentale. Selon lui, même les années où l'exportation d'esclaves atteignait son intensité maximale, les captifs restant sur place — principalement des femmes et des enfants — étaient plus nombreux

La traite atlantique n'est pas à l'origine de la traite inter-africaine, mais l'augmente et entraine davantage de guerres tribales. Son existence sert souvent de prétexte humaniste à la constitution des empires coloniaux français, belges, allemand, italien et anglais qui, en effet, y mettent fin mais au prix de la mise sous tutelle coloniale.

 

l'abolitianisme

Dès la fin du XVe siècle, la papauté condamne l'esclavage : c'est le cas de Pie II, de Paul III, de Pie V, d'Urbain VIII ou encore de Benoît XIV29. Mais ne pouvant le supprimer, elle cherche ensuite à améliorer les conditions par une action auprès des esclaves (Sœur Javouhey, Pierre Claver, Montalembert).

La Révolution française abolit l'esclavage en février 1794, mais Napoléon Bonaparte le rétablit en 1802 et organise l'expédition de Saint-Domingue. L'abolition ne sera définitive qu'après la Révolution de 1848. Dans la plupart des pays, au XIXe siècle, la traite a été abolie bien avant l'esclavage.

Dès 1796, le gouverneur espagnol de la Louisiane, Francisco Luis Hector de Carondelet, avait interdit toute importation d'esclaves. Son prédécesseur Esteban Rodríguez Miró, avait banni en 1786 l'importation d'esclaves nés dans la Caraïbe, la limitant à ceux qui venaient d'Afrique. La piraterie des années 1800 dans la Caraïbe est liée à la traite négrière illégale. La révolution haïtienne combat cette piraterie, pour rendre la traite plus dangereuse et plus difficile.

Finalement, la traite des Noirs est abolie par le Royaume-Uni en 1807, les États-Unis en 1808, et en France, par le décret du 29 mars 1815, quand Napoléon revient au pouvoir lors des Cent-Jours, confirmé par la suite par l'ordonnance royale du 8 janvier 1817 et la loi du 15 avril 1818. Ces trois pays n'aboliront respectivement l'esclavage qu'en 1833, 1860 et 1848

Au congrès de Vienne (1815), Talleyrand obtient de pouvoir participer aux conférences initialement réservées aux quatre vainqueurs des guerres napoléoniennes. Il promettra à Castlereagh de soutenir la position britannique sur l'interdiction de la traite. Malgré l’abolition par plusieurs pays, celle-ci continua de perdurer. En France, elle est illégale mais pas clandestine : jusqu'au milieu des années 1820, des négriers français sont armés à Nantes ou Bordeaux, à la vue de tous. Ils bafouent ouvertement la loi. Entre 1815 et 1833, on recense 353 bateaux de traite à Nantes

Le Royaume-Uni réprime la traite, grâce à la puissance de la Royal Navy, pour des raisons d'équilibre économique. Mais les milieux d'affaires français doutent de sa sincérité. Ils l'accusent de vouloir ruiner la France. Continuer la traite apparaît comme un acte patriotique, pour la richesse de la France.

La traite négrière disparaît grâce à des accords entre la France et le Royaume-Uni : le droit de visite. La Royal Navy croise sur les côtes occidentales africaines. Leur mission : visiter les lieux de la traite et même les navires marchands. Après 1835, on ne dénombre plus que 20 navires français à s'être livrés à la traite. Le Brésil abolit officiellement la traite en 1850(mais l'esclavage seulement en 1889 ce qui cause le renversement de l'empereur Pedro II), alors que le dernier navire négrier arrive à Cuba en 1867

Si la traite atlantique a disparu, une traite persiste entre l'île de Zanzibar et le monde arabe. Alexandrie est de nouveau, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'un des principaux marchés à esclaves. On estime à 1,65 million de personnes le nombre des victimes de la traite transsaharienne entre 1800 et 1880. Une nouvelle forme de traite apparaît : le commerce des coolies ou coolie trade.

 

en définitiveOlivier Pétré-Grenouilleau, l'historien qui met le plus l'accent sur la traite orientale, a estimé, en 2004, à 42 millions le total de victimes pour trois traites négrières :

  • la traite orientale, à destination du monde arabo-musulman : 17 millions de personnes ;la traite intra-africaine: 14 millions de personnes, dont une partie revendue à des Européens ou des Arabes ;la traite atlantique, par les Européens : 11 à 13 millions de personnes, dont l'essentiel à partir de la fin du XVIIe siècle.

En 1997, Hugh Thomas a estimé au total à 13 millions le nombre d'esclaves « ayant quitté l'Afrique » lors de la traite atlantique, dont 11,32 millions arrivés à destination au moyen de 54 200 traversées. Il affecte au Portugal et sa colonie du Brésil 30 000 de ces traversées

Dans ses estimations le Danemark est censé avoir déporté 50 000 esclaves avec 250 traversées. Or, selon l'historien danois Per Hernaes, « on peut estimer aujourd'hui à environ 85 000 le nombre total d'esclaves transportés sur des navires danois entre 1660 et 1806. »

En 2001, David Eltis arrivait à un total de 11 062 000 déportés pour 9 599 000 esclaves débarqués aux Amériques, entre 1519 et 1867. Ce sont ses estimations que Petré-Grenouilleau a reprises dans son livre Les Traites négrières, Essai d'histoire globale. En décembre 2008, David Eltis lance la plus large base de données consacrée à la traite atlantique : The Trans-Atlantic Slave Trade Database, elle fait état de 12 521 336 déportés entre 1501 et 1866

Quant à l'historien Serge Daget, en 1990 voici ses estimations :traite atlantique : 11,7 millions ;traite transsaharienne : 7,4 millions ;traite orientale : 4,28 millions.

En 1982, Joseph Inikori estime à 15 400 000 le nombre de déportés par la traite atlantique, tandis que Paul Lovejoy proposait 11 698 000déportés (pour 9 778 500 débarqués) ; chiffre qu'il portera à 11 863 000 en 1989

 




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Mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions

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